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Bruxelles doute des prévisions économiques de Paris

Bruxelles a livré son verdict, ce lundi 5 mai.

Bruxelles a livré son verdict, ce lundi 5 mai. - -

La Commission européenne a publié, ce lundi 5 mai, ses prévisions économiques pour les pays de l'Union européenne. Elle adresse une nouvelle mise en garde implicite à la France estimant qu'en 2015 le déficit atteindra 3,4% du PIB. Mais Michel Sapin a affirmé sa "détermination" à respecter les 3% en 2015.

Le verdict bruxellois est tombé. Ce lundi 5 mai, la Commission européenne a publié ses prévisions économiques de printemps pour l'ensemble des pays de l'Union européenne.

Pour la France, l'exécutif européen reste toujours sceptique. Ainsi, concernant le déficit, la Commission ne pense pas que Paris tiendra son pari de ramener ses comptes sous les 3% du PIB en 2015.

Bruxelles voit ainsi la France arriver à 3,9% du PIB en 2014 et 3,4% en 2015. Ces chiffres sont meilleurs que les précédentes estimations de la Commission (4% en 2014 et 3,9% en 2015) mais restent supérieurs à ceux du gouvernement qui anticipe, lui, un déficit de 3,8% pour cette année et 3% pour l'an prochain.

Le ministre des Finances Michel Sapin a réagi en affirmant maintenir sa prévision de déficit à 3% pour 2015 et en assurant que la France fera preuve de "détermination" pour maintenir ce chiffre.

Des risques sur la prévision

L'exécutif bruxellois indique avoir pris en compte une partie des économies prévues par la France pour 2015, à savoir 17,5 milliards d'euros sur 21 milliards. "Cela implique que les dépenses de l'Etat et de la Sécurité sociale soient strictement tenues, que les économies visées sur les dépenses de santés soient atteintes, et que la baisse des dotations aux collectivités se traduira effectivement par moins de dépenses", détaille la Commission européenne.

La Commission explique que des risques pèsent sur sa prévision. Elle fait notamment référence au rétropédalage du gouvernement sur le gel des retraites, pour les pensions les plus modestes.

Prévision de croissance revue à la baisse

Par ailleurs, alors que François Hollande a annoncé dans le JDD du 4 mai voir "un retournement économique" pour la deuxième partie du quinquennat, la Commission européenne a revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2015, celle-ci passant de 1,7% à 1,5%. Elle maintient en revanche inchangé son chiffre pour 2014, de 1%, qui est également la prévision de Paris. Deux chiffres inférieurs à la moyenne de la zone euro (1,2% en 2014 et 1,7% en 2015).

"La reprise graduelle de l'économie devrait être en très grande partie tirée par la consommation des ménages, le moteur traditionnel de l'économie française", écrit l'exécutif européen.

Une baisse du chômage en 2015

Une relative bonne nouvelle: la Commission européenne voit le chômage refluer à partir de 2015. L'exécutif bruxellois table sur un taux de 10,4% en 2014 qui diminuerait ensuite l'année suivante à 10,2%. Auparavant Bruxelles retenait un chiffre de 11% tant pour 2014 que pour 2015.

Le 30 avril dernier Michel Sapin avait déjà coupé court en expliquant que les prévisions publiées ce lundi ne tiendraient pas compte des mesures incluses dans le programme de stabilité, qui sera transmis le 7 mai prochain à Bruxelles. Le ministre des Finances participent d'ailleurs ce lundi à un eurogroupe où il défend la stratégie française de croissance.

Avant la Commission européenne, le Haut Conseil aux Finances publiques avait, le 23 avril dernier, validé la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 mais avait émis des réserves sur celle de 2015. Il s'était montré encore plus dubitatif sur la prévision de croissance sur la période 2016-2017, qu'il jugeait "optimiste". Sur cette période, l'exécutif table sur 2,25% de croissance annuelle.

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Julien Marion