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Bruno Le Roux (PS) hésite à baisser la TVA de 5,5% à 5%

Bruno Le Roux s'est déclaré favorable au travail le dimanche

Bruno Le Roux s'est déclaré favorable au travail le dimanche - -

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale estime que les 750 millions d'euros ainsi dégagés pour être mieux utilisés pour d'autres aides aux plus modestes.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a suggeré dimanche 29 septembre de ne pas réduire de 5,5% à 5% le taux réduit de TVA.

"Le passage de 5,5% à 5% de la TVA me pose question", a déclaré Bruno Le Roux au Forum Radio J. "C'est sur les produits de première nécessité, mais le passage de 5,5% à 5%, c'est moins d'un centime sur un paquet de pâtes alimentaires!", a-t-il relevé, en précisant qu'y renoncer représenterait une économie pour l'Etat de 750 millions d'euros.

"C'est une piste", a-t-il précisé. "Ca peut permettre d'entamer le débat avec le gouvernement. Chaque fois que je ferai une proposition de dépenses nouvelles, pour les plus modestes, je m'efforcerai, d'avoir des propositions correspondantes" de recettes, a-t-il expliqué.

Un geste pour les veuves

Bruno Le Roux voudrait aussi faire un geste pour les veuves. "Je regarderai jusqu'au bout s'il y a une possibilité de rétablir ce qu'on appelle la demi-part des veuves, qui a été supprimée par Nicolas Sarkozy. Car cela a représenté pour beaucoup de foyers une mesure injuste". Ce rétablissement coûterait de 250 à 350 millions d'euros, a-t-il indiqué.

Jusqu'en 2009, les personnes vivant seules mais ayant eu un ou plusieurs enfants bénéficiait d'une demi-part supplémentaire pour l'impôt sur le revenu. Depuis 2010, cet avantage n'a été maintenu que pour celles ayant élevé seules pendant cinq ans leurs enfants. Pour les autres, il est progressivement réduit depuis 2010 et doit totalement disparaître l'an prochain.

De même, a poursuivi Bruno Le Roux, "j'examinerai la prime sur l'emploi, pour voir s'il est possible de faire un geste". Enfin, "sur ce qu'on appelle de façon impropre la niche fiscale pour les enfants scolarisés, nous pensons que quand il y a une priorité du gouvernement à l'éducation, c'est un mauvais signe que d'enlever cette avantage fiscal".

Favorable au travail le dimanche

Enfin, le chef de file des députés PS a estimé qu'il fallait offrir "la possibilité" de travailler le dimanche. Il a annoncé qu'il allait proposer une concertation aux syndicats sur ce sujet, pour "arriver à des avancées significatives avant la fin de l'année". 

Selon lui, il faut "arriver à une situation où il y ait le moins d'inégalités générées sur notre territoire, entre zones géographiques et entre activités". "J'aimerais qu'il n'y ait qu'une seule règle, aucune obligation à travailler le dimanche, mais une possibilité qui soit offerte, avec un contrôle qui puisse être très strict, opéré par l'Etat", a-t-il dit.

M. Le Roux a reconnu n'être pas suivi "pour le moment" par le gouvernement. "Si c'est le dimanche qui est sacré, arrêtons les brunchs, arrêtons un certain nombre de sorties, faisons en sorte que personne ne travaille ce jour là !", a-t-il ironisé.

Interrogé sur l'ouverture ce dimanche en région parisienne, malgré une interdiction, de quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin, il a regretté "que ces magasins ouvrent en contradiction avec une décision de justice". "A partir du moment où il y a une décision de justice, ils ne peuvent pas, ils ne doivent pas ouvrir", a-t-il dit.

Mais, selon lui, la loi génère des "inégalités insupportables sur notre territoire". Elle "n'est même plus comprise aujourd'hui de nos concitoyens qui habitent dans ces zones, qui peuvent avoir accès ici à un magasin, mais pas là, qui peuvent aller faire du jardinage mais pas du bricolage".

"Il y a urgence tout simplement parce qu'il y a des salariés qui travaillaient qui ne peuvent plus travailler, parce qu'il y a des clients qui voulaient faire des courses et qui ne peuvent plus le faire, parce qu'il y a des magasins pour qui c'était un élément important dans la façon dont ils faisaient leur semaine, dont ils font leur chiffre d'affaires", a-t-il insisté.

BFM Business et AFP