BFM Business

Faut-il se laisser impressionner par les intitulés de postes ?

-

- - -

Au grand jeu des titres pompeux, les entreprises rivalisent de créativité. Une situation exacerbée par Linkedin qui impose un marketing professionnel poussé à l'extrême.

Aujourd'hui nous allons jouer ensemble à un jeu, intitulé tout simplement le grand jeu des titres pompeux. Alors je vous explique les règles : je vous donne deux intitulés de postes et vous me dites qui est le chef de qui ?  Exemple : entre stagiaire et PDG, qui est le chef ? La réponse est simple.

Alors c'est parti.

>entre un Senior social Media manager et un Chief digital Director , qui est le chef ? Réponse B je commence facile.

>entre un senior product director ou un chief product manager ? Aucune idée, mais ça a l'air extrêmement important comme travail.

>Quelle est la différence entre business analyst et business stratégist ? Rien à voir, ces postes sont très différents.

Attention le jeu se complique un peu : :

Un secrétaire général : c'est un chef ou un assistant ?

Et si on met "manager" dans le titre d’un poste : est-ce ça écarte automatiquement l’idée que ce soit un stagiaire ? Réponse : non. Par exemple un junior brand manager, c’est un poste important, accessible à tous ceux qui sont conventionnés.

Dernière question vraiment difficile : entre un CTO et un COO, qui est le chef de qui ? C’est très dur parceque dans une strart up le Chief Technical Officer (CTO) peut être un simple hacker qui bidouille tout seul, alors que dans un grand groupe, le même titre peut chapeauter toute la direction technique ainsi que la R&D. Mais bon dans les deux cas, nous devons trancher : le COO veille au bon déroulement des opérations, ce qui veut dire clairement que c'est lui le chef !

Alors à quoi nous mène cette démonstration ? Entre les anglicismes, les titres purement honorifiques et les manager qui ne sont les chefs que d'eux même, il n'y a pas plus marketing qu'un titre de poste, surtout quand il est l'objet d'une annonce de recrutement. Mais à qui la faute ? Faut-il jeter la pierre uniquement aux entreprises ? Pas sûr ! A ce petit jeu-là, Linkedin a sa part de responsabilité. En poussant chacun à faire de son parcours professionnel une marque, le réseau social impose un marketing personnel qui n'a rien envier aux logorrhée corporate dont sont capable les meilleurs services de communication. Sur Linkedin : Michel ou le CAC 40 même combat : il faut attirer à travers des titres accrocheurs. Finissons quand même avec un dernière question : quand un DRH se fait renommer Directeurs de Richesses Humaines ou Directeur des Réseaux Humains : faut-il l'applaudir ou l'envoyer en cure thermale pour se reposer ? Laissons-nous du temps pour réfléchir.

Conclusion : si vous passez vos journées sur linkedin à vous demander en quoi consiste le travail des autres ? Rassurez-vous, ils font exactement comme vous, ils cherchent.