BFM Business

Et si Macron récupérait un "Grand Bercy" en 2016... grâce à Sapin?

Michel Sapin et Emmanuel Macron cohabitent à Bercy

Michel Sapin et Emmanuel Macron cohabitent à Bercy - Eric Piermont-AFP

François Hollande prépare un remaniement pour la fin janvier. Et parmi les hypothèses de travail figure la nomination d'Emmanuel Macron à la tête d'un grand ministère de l'Economie et des Finances. Une promotion rendue possible par la nomination de Michel Sapin au Conseil constitutionnel.

François Hollande ne devrait pas l'évoquer jeudi soir lors de ses voeux du 31 décembre. Mais le Président de la République et son Premier ministre planchent bel et bien sur un remaniement pour la fin janvier.

Ne serait-ce que pour remplacer Sylvia Pinel, la ministre radicale de gauche du Logement, qui va démissionner le 4 janvier pour se consacrer à la vice-présidence de la nouvelle grande région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon où elle a été élue le 18 décembre. 

Fabius président? 

Mais à un an des présidentielles, le remaniement devrait dépasser le simple cas de la jeune ministre toulousaine. Il se dit en effet que Laurent Fabius quitterait le Quai d'Orsay sur le succès de la COP21 pour devenir à 69 ans président du Conseil constitutionnel dont l'actuel président, le chiraquien Jean-Louis Debré, va achever son mandat fin février. 

Un beau bâton de maréchal pour l'ex-plus jeune premier ministre français (il avait 38 ans lorsque François Mitterrand l'avait nommé à Matignon). François Hollande lui aurait promis le poste de longue date.

Dans cette hypothèse, Laurent Fabius pourrait être remplacé par l'ancienne ministre et actuelle présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Elisabeth Guigou. D'autres noms circulent. On évoque les noms de Ségolène Royal et de de Bertrand Delanoé.

François Hollande aurait également promis la présidence du Conseil à Lionel Jospin, qui, lui, est membre du Conseil depuis un an et à propos duquel Jean-Louis Debré ne tarit pas d'éloges. Le problème, c’est que deux anciens premiers ministres socialistes au Conseil, cela ferait cimetière des éléphants. Et puis les relations entre Fabius et Jospin n’ont jamais été au beau fixe, c’est le moins qu’on puisse dire.

Sapin laisserait la place

Si Fabius restait finalement au gouvernement, un autre ministre de Manuel Valls se verrait bien siéger au Conseil constitutionnel: Michel Sapin. L'ami du président -il est de la même promotion Voltaire de l'ENA que lui- quitterait alors le ministère des Finances et des Comptes publics où visiblement il commence à s'ennuyer. Une nomination d'autan plus légitime que Michel Sapin a commencé sa carrière dans la haute fonction publique en tant que juge administratif. 

Dans ce cas, l'Elysée a échafaudé un scénario qui ne manquerait pas de panache. Emmanuel Macron, l'actuel ministre de l'Economie prendrait du galon en chapeautant l'Economie et les Finances, comme l'ont fait d'autres ministres par le passé, de droite comme de gauche.

Pour respecter les équilibres politiques entre socialistes, il serait épaulé par un ministre du Budget qui pourrait être l'actuel secrétaire d'Etat, Christian Eckert, proche de la gauche du PS. Insuffisant sans doute pour calmer la grogne anti-Macron d'une partie de la gauche... Mais le Président semble en ce moment assez enclin à jouer l'opinion publique contre celle des caciques du parti.

P.C