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En Italie, Giuseppe Conte confirme le changement de ton envers Bruxelles

Giuseppe Conte à Rome (Italie), le 31 mai 2018 -

Giuseppe Conte à Rome (Italie), le 31 mai 2018 - - TIZIANA FABI / AFP

Le Premier ministre promet "une nouvelle ère réformatrice" tout en réclamant l'aide de l'Union européenne.

Son nouveau gouvernement constitué, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a présenté devant les députés sa feuille de route avant la tenue d'un vote de confiance ce lundi soir.

Rappelons que ce nouveau conseil de coalition réunit les ennemis d'hier, à savoir des membres du Parti démocrate (PD, centre-gauche) et du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système), excluant la Ligue, le parti d'extrême droite de Mateo Salvini à l'origine de la crise politique. 

Comme prévu, le Premier ministre s'est attaché à changer de ton et à normaliser les relations avec l'Union européenne, lui demandant un coup de pouce, alors que le précédent gouvernement avait multiplié les bras de fer avec Bruxelles concernant son budget et les attaques contre l'institution européenne.

L'une des premières tâches du gouvernement sera en effet de relancer la croissance d'un pays au bord de la récession, à travers un budget pour 2020 capable d'éviter une hausse de la TVA prévue au 1er janvier prochain, "dans un cadre économique international incertain".

Un ministre de l'Economie "euro-compatible" 

Dans ce contexte, Giuseppe Conte a jugé qu'il fallait "améliorer le pacte de stabilité" de l'Union européenne, qui impose à tous les pays de l'UE un déficit sous les 3% du PIB et un endettement sous les 60%. L'Italie est dans les clous pour le déficit mais ploie sous une dette supérieure à 132% du PIB.

Des règles budgétaires trop rigides "risquent de réduire à néant les efforts importants accomplis pour relancer la croissance potentielle du pays", a argué le chef du gouvernement. 

Cette requête sera incarnée par le ministère de l'Economie et des Finances, l'eurodéputé du PD Roberto Gualtieri, considéré comme pro-européen, une preuve de plus de la volonté de rapprochement et d'apaisement entre Rome et Bruxelles.

Un appel à plus de "sobriété" sur les réseaux sociaux

Autre illustration de cette volonté, Conte a appelé à la mise en oeuvre d'un "vrai projet commun" et proposé l'idée d'une "conférence sur l'avenir de l'Europe" afin que le continent se relance sur le plan international et redéfinisse son rôle "dans un monde en pleine transformation".

Plus globalement, Giuseppe Conte a promis d'engager l'Italie dans une "nouvelle ère réformatrice" pour en faire "un pays meilleur", sans les excès du précédent gouvernement.

Il a ainsi appelé la classe politique mais aussi les citoyens à "plus de sobriété notamment sur les réseaux sociaux", tout en souhaitant de la part de ses ministres de la "cohésion et de la loyauté". Il faisait clairement allusion à la précédente coalition de gouvernement marquée par des disputes et polémiques quotidiennes.

Concernant les premières mesures économiques, le chef du gouvernement a annoncé une réduction des cotisations sociales pour les salariés, des soutiens aux PME et à l'innovation, alors que l'Italie est la deuxième puissance industrielle de la zone euro, ainsi que des aides à l'agriculture pour accroître encore la part du bio et à l'expansion des énergies renouvelables. 

OC avec AFP