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Rentrée politique: pour Alain Fabre, «l’Italie n’a pas beaucoup de marge de manœuvre»

Entre la crise politique italienne, la tournée de Boris Johnson et les difficultés de la coalition allemande, la rentrée politique se révèle sous tension pour plusieurs pays européens. Alain Fabre, directeur associé au sein de In Extenso Finance, revient sur ces événements. Notamment en Italie.

La démission mardi 20 août du président du Conseil italien Giuseppe Conte ouvre la porte à de nouvelles tractations pour essayer de composer une nouvelle coalition. S’agit-il d’une bonne ou d’une mauvaise nouvelle pour l’Union Européenne ?

A cela, le directeur associé de In Extenso Finance invité sur le plateau de Good Morning Business mercredi 21 août répond que « cela crée surtout de l’incertitude dans cette affaire. Oui, on peut dire qu’il y a une crise politique que l’on peut au moins faire remonter aux élections européennes. Puisque le mouvement de Matteo Salvini a fait un score très important ».

Et de poursuivre : « Sur le plan économique, je fais partie de ceux qui considèrent que l’Italie n’a pas beaucoup de marge de manœuvre en raison de son endettement… Les Italiens sont, en effet, très sensibles à ce que l’on appelle le spread. Ils savent très bien au fond, qu’avec la zone Euro, ils achètent une forme de prime qui plafonne les taux d’intérêt. Et si maintenant, il y avait des tensions politiques trop graves qui laissent imaginer qui l’Italie sort du sentier de la raison, à ce moment-là les taux pourraient monter. Et les Italiens seraient les premiers à en souffrir ».

Le budget italien en question

Le fait est qu’en l’absence d’accord pour composer un nouveau gouvernement italien, les électeurs devront retourner aux urnes. Sauf que les élections pourraient avoir lieu à l’automne prochain. Soit au moment même où l’Italie serait en train d’élaborer son budget 2020. Lequel s’avère le plus sensible de l’Union européenne.

Là encore, Alain Fabre estime que la situation pourrait se révéler particulièrement problématique. « Il y a même des mécanismes automatiques qui consisteraient à prendre sur la TVA si le budget n’était pas adopté. Donc effectivement, c’est un sujet sensible. Et la situation reste floue ».