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En dépit de prix plus élevés, les Français consomment plus que la moyenne européenne

Les Français consomment plus que la moyenne des pays de l'UE

Les Français consomment plus que la moyenne des pays de l'UE - PASCAL PAVANI / AFP

Selon l'Insee, la consommation par habitant en France est 7% supérieure à celle de la moyenne de l'Union européenne. Et ce, malgré des prix globalement plus élevés dans l'Hexagone.

Les Français consomment-ils plus que leurs voisins? Selon la dernière enquête de l’Insee, la consommation française par habitant est supérieure en volume de 7% à celle de la moyenne des pays de l’Union européenne.

Pour autant, l’Hexagone n’occupe que la dixième place. Le Luxembourg (+32%) et l’Allemagne (+21%), respectivement premier et deuxième, se détachent plus nettement de la moyenne. Viennent ensuite l’Autriche, le Danemark, le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique et la Suède. En bas du classement figure la Bulgarie (-44%).

Volume de la consommation effective des ménages par habitant en 2018
Volume de la consommation effective des ménages par habitant en 2018 © Insee / Eurostat

Pour comparer les niveaux de consommation, l’Insee raisonne en parités de pouvoir d’achat. Ce qui permet de neutraliser les différences de prix entre pays. Notons également que la notion de consommation renferme ici "l’ensemble des biens et services que les ménages consomment, que la dépense leur incombe ou qu’elle soit prise en charge par les administrations publiques" (notamment s’agissant de l’éducation, la santé, le logement…).

Des prix globalement plus élevés

Si les Français consomment plus que la moyenne des 28 pays de l’UE, ce n’est pas parce que les prix y sont plus faibles. Au contraire, les prix des biens et services dans l’Hexagone sont globalement supérieurs à la moyenne européenne (+7%), sauf en matière de santé et de communication (2 à 3% de moins). Ils sont ainsi relativement élevés pour les hôtels cafés et restaurants (+18%), l’alimentation et les boissons non alcoolisées (+15%), le tabac (+41%), le logement (+13%)… En revanche, les Français paient en moyenne moins cher (-6%) les boissons alcoolisées.

Ces différences de niveaux de prix influencent-elles la consommation des Français? Cela dépend des secteurs. La France se distingue notamment par une consommation effective par habitant en santé supérieure de 28% à la moyenne de l’UE et de 14% pour l’éducation. De fait, "la part des dépenses de consommation prises en charge par les administrations publiques […] dans la consommation effective des ménages est plus importante en France (22%) que dans l’ensemble de l’UE (19%)", explique l’Insee. Par ailleurs, l'organisation du système français fait que les prix des actes médicaux et des médicaments sont en partie encadrés, ce qui pourrait justifier les prix inférieurs et donc une consommation plus importante.

Grands amateurs de vin, les Français consomment aussi davantage de boissons alcoolisées (+ 31%) que la moyenne européenne. C’est plus du double de celles de l’Italie ou de l’Espagne. Même chose pour les biens et services de communication (+12%). "La concurrence entre opérateurs et la généralisation d’offres groupées contribuent à modérer les prix dans les télécommunications en France", ce qui stimule la consommation, selon l’Insee.

Malgré des prix plus élevés, la consommation française par tête pour le logement, les transports ou les produits alimentaires est respectivement supérieure de 10, 9% et 4% à la moyenne européenne. À l’inverse, les tarifs affichés dans les hôtels, cafés et restaurants semblent freiner la consommation des ménages français par rapport à leurs voisins (-20%).

Aussi la consommation française par habitant de vêtements et chaussures est plus faible de 23% à celle de la moyenne de l’UE. Un Français consomme environ deux fois moins de ces biens qu’un habitant du Royaume-Uni ou de l’Italie, où les prix sont moins élevés. Le volume de consommation par tête dans l’ameublement, l’équipement et l’entretien de la maison est également inférieur de 9 % à la moyenne de l’UE dans l’Hexagone.

Paul Louis avec AFP