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Combien vont vous coûter les élections régionales?

44,6 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche

44,6 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche - Joël Saget-AFP

Les élections régionales coûteront près de 140 millions d'euros aux contribuables, soit 3,11 euros par électeur. Moins que des Présidentielles, à 230 millions. Les règles de financement pour celles de 2017 devraient être  modifiées.

La démocratie a un prix. Pour le contribuable, celui des Régionales devrait atteindre 140 millions d'euros en frais d'organisation et de remboursement des frais de campagne des candidats payés par le budget de l'État. C'est à peu près le coût des Municipales de 2014, mais moins que les élections départementales de mars qui sont revenues à près de 160 millions. 

En fait, ces élections départementales auraient dû coûter moins cher aux contribuables. La faute aux parlementaires de droite comme de gauche qui, lors de la discussion budgétaire l'année dernière, ont rejeté une réforme proposée par le gouvernement et censée réduire le coût des élections.

Pas de dématérialisation de la "propagande" électorale

Il s'agissait de supprimer l'envoi de la "propagande" et autres prospectus électoraux par courrier au domicile des électeurs pour le remplacer par une simple mise en ligne qui ne coûte rien ou presque. Un procédé déjà en vigueur dans la majorité des autres pays européens mais qui selon les élus français auraient décontenancé certaines catégories d'électeurs, en particulier âgés. 

Grâce à cette dématérialisation, le gouvernement espérait ramener le coût des élections départementales à 2,17 euros par électeur inscrit contre 3,75 euros lors du scrutin cantonal de 2011. Soit une économie de 68 millions d'euros rayée d'un trait de plume. 

Pour les Régionales, le gouvernement comptait ramener le coût à 2,30 euros par électeur inscrit, soit 103 millions d'euros au total. En fait, ce coût devrait être proche de celui des Régionales de 2010 : 3,11 euros par électeur. 

Dépenses sous contrôle six mois

Mais les Régionales ne sont pas encore achevées que les politiques pensent déjà aux Présidentielles du printemps 2017. Jeudi dernier, la commission des lois de l’Assemblée nationale a discrètement adopté une modification des règles de financement des campagnes électorales qui devrait être votée en séance le 16 décembre par les députés, socialistes en tout cas. 

Jusqu’à présent, les dépenses de campagne, qui sont plafonnées par la loi (16,8 millions pour le premier tour, 21,5 pour le second), étaient comptabilisées durant l’année précédant l’élection. Désormais, elles ne le seront plus que dans les six mois avant cette consultation. 

C’est la très officielle Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) qui a demandé cette modification, car il était très difficile pour elle de contrôler les dépenses pendant un an.

Avantage au sortant

Mais il est clair que la nouvelle règle va favoriser le candidat qui se déclarera le plus tard possible et qui pourra donc dépenser le maximum d’argent en un minimum de temps avant le premier tour. Et pas besoin de faire un dessin: celui qui aura intérêt à se déclarer le dernier, c’est le président sortant, François Hollande.

D’ailleurs, les députés d’opposition ne s’y sont pas trompés en critiquant la réforme. Ils ont fait remarquer que François Hollande pourrait utiliser les moyens de la République française jusqu’à la fin 2016 sans risquer de voir ses dépenses mises en cause.

Il faut quand même se souvenir que lors de la dernière Présidentielle, les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy avaient été rejetés pour dépassement de plafond, obligeant l’UMP à organiser un "Sarkothon" auprès des militants pour rembourser 11 millions d’euros d'aides versées par l'État. 

P.C