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Combien coûte la protection de François Hollande?

Le Groupe de sécurité du Président de la république (GSPR) est constitué de 63 membres

Le Groupe de sécurité du Président de la république (GSPR) est constitué de 63 membres - Thierry Zoccolan-AFP

Après la vague d'attentats en France, la sécurité rapprochée du chef de l'Etat est en passe d'être renforcée. Les effectifs du Service de protection des hautes personnalités vont par ailleurs être revus à la hausse.

Le Groupe de sécurité du président de la République (GSPR) va être renforcé après la vague d'attentats et la menace terroriste. Les 43 policiers et 20 gendarmes qui assurent la sécurité rapprochée du chef de l'Etat partout où il se trouve devraient prochainement recevoir des renforts.

26 gardes du corps de moins que Sarkozy

François Hollande est-il assez protégé? Depuis les "révélations" du magazine Closer, début 2014, sur les sorties privées du chef de l'Etat chez Julie Gayet, visiblement entouré d'un service de sécurité très réduit, la question est récurrente.

Il est vrai que les effectifs du GSPR ont été allégés depuis l'entrée en fonction de François Hollande à l'Elysée en 2012. Ils ont été réduit de 26 personnes, comparé à la période Sarkozy. 

Sous François Mitterrand, le nombre de gardes du corps du chef de l'Etat et de ses proches, dont sa fille Mazarine Pingeot, atteignait même une centaine de gendarmes d'élite. 

8 millions d'euros de dépenses

Sur 70 millions d'euros de dépenses annuelles de personnel de l'Elysée, soit plus de 60% du budget total de la présidence, les charges liées au GSPR représentent un peu plus de 8 millions d'euros (dont 1,7 million de primes). Sous Nicolas Sarkozy, la dépense totale atteignait 10,2 millions. Ces sommes sont payées par le ministère de l'Intérieur (pour les policiers) et de la Défense (pour les gendarmes) qui se font ensuite rembourser par l'Elysée. 

En fait, la sécurité du chef de l'Etat coûte plus cher. Aux membres du GSPR, s'ajoute lors de ses déplacements, la "sécurisation" assurée par les services du ministère de l'Intérieur. Il s'agit en particulier de motards issus de la CRS 1 de Vélizy collant à la voiture blindée du chef de l'Etat. Mais la dépense n'est pas individualisée dans le budget de la Place Beauvau. Par ailleurs, la protection de la villa de Mougins appartenant à François Hollande est assurée par une demi-douzaine de gendarmes mobiles. Mais la dépense est directement prise en charge par le ministère de la Défense.

Valls veut renforcer la protection des personnes "sensibles"

Après la récente vague d'attentats en France, le renforcement de la sécurité des personnalités ne se limite pas à celle du chef de l'Etat. Le 21 janvier, Manuel Valls a annoncé le renforcement du Service de la protection (SDP) du ministère de l'Intérieur en même temps que l'embauche de policiers pour les services de renseignement. Actuellement, le SDP (ex-Service de protection des hautes personnalités) est composé de 770 policiers. 

Mais les demandes de protection ont afflué au ministère de l'Intérieur ces dernières semaines. Actuellement, une centaine de personnalités fait l'objet d'une protection policière: ministres et anciens ministres de l'Intérieur, anciens présidents de la République et Premiers ministres, responsables politiques exposés, patron du Medef, diplomates, personnalités menacées comme des membres de la communauté juive ou musulmane.

Selon la Cour des comptes, dans un rapport de 2010, la dépense liée à un officier de sécurité revenait à 72.000 euros par an. Or, il faut au minimum 3 policiers pour protéger une personnalité 24 heures sur 24. Soit près de 220.000 euros par an. Les personnalités les plus exposées, elles, ont droit à cinq policiers. 

Patrick Coquidé