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Ces 4 mesures que réclament en urgence les hôpitaux

Invitée sur BFM Business, la directrice générale de la Fédération hospitalière de France appelle à sortir d'une vision comptable de l'hôpital et appelle à un plan durable.

La mobilisation ne faiblit pas. Les personnels des hôpitaux ont manifesté jeudi par milliers un peu partout en France pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs. "Nous devons (...) assumer d'investir plus fortement que nous avions envisagé de le faire", a réagi Emmanuel Macron.

Un plan "conséquent" et des "décisions fortes" seront annoncés mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe, qui en détaillera "le montant, l'ampleur, les modalités techniques et le calendrier", a précisé le président de la République.

Invitée sur le plateau de Good Morning Business ce vendredi sur BFM Business, Zainab Riet, la directrice générale de la Fédération hospitalière de France (FHF qui représente 1000 hôpitaux en France), exhorte l'exécutif à mettre en place "4 mesures" pour sortir de la crise.

"La première, c'est de redonner du souffle et de l'oxygène aux hôpitaux et aux structures médico-sociales publics qui trop longtemps ont été asphyxiés. Cela veut dire que nous demandons que l'objectif national de dépense de l'assurance maladie (Ondam) soit a minima de 2,4% comme il l'a été en 2019 et que ça soit poursuivi. Il faut rappeler qu'il est prévu à 2,1% là où l'Ondam global est à 2,3% et là où l'Ondam pour la médecine de ville est prévu à 2,4%. (C'est) un décrochage particulièrement important en 2020".

Deuxième mesure, "il faut un véritable choc d'attractivité pour les métiers de l'hôpital", poursuit Zainab Riet. "Nous demandons à la fois de revaloriser les métiers avec des mesures immédiates. Si par exemple vous prenez le corps médical et les médecins, certes, il y a des mesures d'attractivité au moment du recrutement mais il y aussi la possibilité de donner à ces professionnels des perspectives en termes de valorisation des gardes et d'astreintes. Aujourd'hui, une garde c'est 263 euros, nous demandons au moins que ça passe à 300 euros. De la même façon, les heures supplémentaires réalisées par les médecins sont aujourd'hui plafonnées, ils ne peuvent pas les défiscaliser. Ca serait essentiel que nous puissions permettre ça. Enfin, pour l'ensemble des personnels paramédicaux (infirmiers...), il y a véritablement aujourd'hui un écart de rémunération entre nos paramédicaux français et la moyenne de l'OCDE". 

Un investissement qui "s'est écroulé"

Troisième mesure, l'investissement. "L'investissement s'est écroulé", assène Zainab Riet. "Nous sommes passés à moins de 3 milliards d'euros là où nous étions à plus de 5 milliards d'euros. Au moment où nous parlons d'intelligence artificielle, où nous avons besoin d'injecter dans le numérique..., c'est une mise en danger de l'innovation et de la recherche. C'est donc un formidable secteur d'essor de l'économie que de relancer l'investissement. A ce titre, nous demandons un fonds d'investissement abondé à hauteur de 2 milliards d'euros".

Enfin, la FHF réclame un nouvel examen des dépenses dont certaines sont jugées peu pertinentes. "Ca peut être des actes qui sont réalisés, alors qu'ils n'ont pas véritablement lieu d'être. La FHF a fait une étude, en prenant des actes très simples, nous avons constaté des écarts qui vont de 1 à 4 d'une région à l'autre. (...) Puisqu'il y a des écarts qui visiblement ne sont pas justifiés par des données épidémiologiques, allons regarder. Et ce que nous savons, si nous réduisons de 1% ces actes non pertinents, ça nous permet d'emblée d'injecter 2 milliards". De quoi quasiment couvrir les besoins en investissements.

Olivier Chicheportiche