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Ce que prévoit le nouveau projet de budget du gouvernement

Le nouveau projet de budget sera présenté mercredi par le gouvernement

Le nouveau projet de budget sera présenté mercredi par le gouvernement - LOIC VENANCE - AFP

Dans sa "guerre" pour sauver l'économie française, le gouvernement présente mercredi un nouveau projet de budget rectifié, le troisième depuis mars, avec un effort de 40 milliards d'euros pour les secteurs les plus touchés par la crise.

"On entre aujourd'hui dans une deuxième phase de notre soutien à l'économie, avec ce PLFR 3 (projet de loi de finances rectificative) qui va reprendre l'ensemble des mesures sectorielles" annoncées ou en passe de l'être, explique-t-on à Bercy.

Au total, ce sont 40 milliards d'euros que le gouvernement veut mobiliser, après le plan d'urgence de 110 milliards et les plus de 300 milliards d'euros de garanties de prêt déjà mis en place dans les premières semaines de crise.

Le nouveau budget rectifié inclut ainsi les 18 milliards d'euros du plan d'aide au secteur du tourisme, l'un des plus affectés par le confinement avec les restrictions de déplacement et la fermeture qui se poursuit en partie pour les cafés et restaurants. Il comprend aussi les 8 milliards d'euros du plan pour l'automobile annoncé fin mai, les 600 millions pour la French Tech dévoilés vendredi, auxquels s'ajoutera le plan d'aide à l'aéronautique et des mesures concernant le petit commerce et le bâtiment.

Alors que se profilent faillites et licenciements, le gouvernement va renforcer de 5 milliards d'euros le dispositif de chômage partiel, qui atteint désormais 30 milliards, et va débloquer 1 milliard pour élargir les aides aux entreprises qui embauchent un apprenti, avant un plan pour l'emploi des jeunes attendu pour début juillet. Ce nouveau budget intègrera aussi les aides exceptionnelles annoncées pour les 800.000 jeunes précaires de moins de 25 ans et ménages les plus modestes.

Enfin, il doit entériner un soutien de 4,5 milliards d'euros de l'Etat pour les collectivités, dont 2,7 milliards pour les départements. Une mobilisation "d'une ampleur inédite", a estimé le Premier ministre Edouard Philippe le 29 mai dernier, au moment où les recettes des collectivités fondent avec la crise et leurs dépenses augmentent pour faire face à l'épidémie.

Récession et dette record

Alors que ce nouveau budget prévoit une récession record de 11% de l'économie française cette année, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a défendu le choix du gouvernement d'avoir engagé plus de "20% de notre richesse nationale" en soutien public depuis le début de la crise.

Mais certains secteurs s'estiment oubliés, à l'image de l'agriculture qui réclame des aides pour les coopératives et plus largement une compensation des pertes de production.

Les collectivités demandent, elles, un soutien pour les transports publics, décimés par les huit semaines de confinement: "Alors que le gouvernement a mobilisé 7 milliards d'euros pour sauver Air France et qu'un plan de relance est prévu pour l'industrie automobile, les élus du Gart (Groupement des autorités organisatrices de transport) ne comprendraient pas que les transports du quotidien, sans lesquels aucune reprise économique ne sera possible, soient laissés de côté", écrivait ainsi le président du Gart, Louis Nègre, dans un courrier adressé au président de la République le 20 mai.

Difficile de satisfaire tout le monde immédiatement, alors que les dépenses ont déjà explosé et que l'endettement de la France s'annonce vertigineux avec un déficit public de 11,4% du PIB cette année et une dette de 120,9%.

"La situation est sous contrôle", a toutefois assuré le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, tandis qu'à Bercy on assume d'avoir privilégié "le retour de la croissance et (de) ne pas perdre du capital humain ni du capital physique, par des faillites ou des licenciements".

Le gouvernement prépare aussi un plan de relance global pour la rentrée, avec l'objectif de soutenir "l'offre", "la compétitivité" et "l'innovation", ainsi qu'un "rebond vert", a promis Bruno Le Maire. Certains, comme le Medef, lui demandent d'aller vite, après que l'Allemagne a annoncé le sien cette semaine.

S. Se avec AFP