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Ce que dit Édouard Philippe dans sa lettre aux syndicats de la SNCF

Le Premier ministre recevra les syndicats de cheminots le 7 mai. (image d'illustration)

Le Premier ministre recevra les syndicats de cheminots le 7 mai. (image d'illustration) - Bertrand Guay - AFP

Le Premier ministre a invité l'ensemble des syndicats de la SNCF et leurs responsables confédéraux à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon.

Édouard Philippe a écrit ce mardi à l'ensemble des organisations syndicales mobilisées dans le cadre de la réforme ferroviaire. Au dixième jour d'une grève qui perturbe encore fortement le trafic des trains, il invite leurs représentants à de nouvelles réunions bilatérales. Celles-ci se dérouleront début mai à Matignon.

Le Premier ministre regrette par ailleurs que les négociations soient désormais rompues et que le mouvement de grève se poursuive. 

"Je regrette que vous ayez choisi de poursuivre un mouvement de grève qui gêne considérablement les Français et l’activité économique. Je regrette aussi votre décision de ne plus participer aux concertations en cours, alors qu’elles étaient presque arrivées à leur terme", indique le Premier ministre dans sa missive. 

Dans sa correspondance, Édouard Philippe répond également "aux deux arguments" exposés par l'intersyndicale de la SNCF, dans une lettre qui lui a été adressé, pour justifier l'arrêt des négociations avec la ministre des Transports, Élisabeth Borne. 

Sur l'arrêt du recrutement au statut au 1er janvier 2020, Édouard Philippe réaffirme que cette mesure est "cohérente avec la mise en place de la nouvelle organisation de la SNCF, l'ouverture à la concurrence et la reprise progressive de la dette". Il rappelle aux syndicats que ceux-ci avaient été informés préalablement de cette décision. "Sa confirmation (le 18 avril, ndlr) ne constituait donc nullement une surprise", glisse-t-il. 

Sur la question de la filialisation du fret ferroviaire, le Premier ministre indique qu'après discussions avec la ministre des Transports, la SNCF "a annoncé sa volonté d'étudier la recapitalisation de Fret SNCF et, en conséquence, de filialiser cette activité". Il affirme avoir "exprimé le souhait que ce sujet soit traité en interne, en concertation avec les organisations syndicales". 

Un calendrier précis pour finaliser la réforme ferroviaire

Le courrier d'Édouard Philippe fait également mention d'un calendrier précis pour mener à terme la réforme de la SNCF. Le Premier ministre propose de nouvelles séquences de négociations et pose des dates limites pour en finaliser certains points. 

Le chef du gouvernement revient également sur la question de la dette de l'opérateur ferroviaire. Sa reprise par l'État "demandera un effort supplémentaire des contribuables qui apportent déjà chaque année plusieurs milliards d'euros au financement du système ferroviaire, afin de couvrir ses coûts de fonctionnement et d'investir dans son entretien et son développement", indique-t-il. "Dans ce contexte, les efforts de productivité engagés par la SNCF sont nécessaires pour compléter l’engagement des Français et assurer la pérennité de l’entreprise", prévient Édouard Philippe. 

Antonin Moriscot avec AFP