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Business, bling-bling et chefs d'Etat: Le Bourget, un aéroport si discret

Un nouveau terminal a été inauguré en octobre dernier

Un nouveau terminal a été inauguré en octobre dernier - Dominique FAGET _ AFP

C'est le plus petit des trois aéroports parisiens, mais aussi le plus select: Le Bourget continue de cultiver sa discrétion pour attirer un public de VIP, composé majoritairement d'hommes d'affaires et de personnalités politiques mais aussi de stars et de princes.

Avec huit terminaux gérés par des opérateurs privés, et un peu plus de sept kilomètres de piste, Le Bourget est un aéroport "à taille humaine" installé sur 553 hectares, contre 3.257 à Roissy, et situé à moins de 10 km de la Défense. Chefs d'Etat, dirigeants du CAC 40, patrons de PME et célébrités du cinéma ou du sport passent ici sans s'attarder. Le client arrive et repart quand il le veut et les tarifs s'échelonnent entre 2.000 à 10.000 euros l'heure de vol.

"Vous n'aurez jamais d'info sur qui est à bord ou à quelle heure est arrivé untel", met en garde Bruno Mazurkiewicz, le directeur de cet aéroport qui vient de fêter ses 100 ans. "Ici, on fait du business. Le côté bling-bling, on ne le voit pas. Les rappeurs, c'est une frange minimale", insiste-t-il.

L'activité de l'aéroport connaît des heures et jours de pointe liés à "des évènements économiques, sportifs ou culturels comme la Fashion week, Roland Garros, la Ryder's Cup", confirme Bruno Mazurkiewicz. C'était le cas aussi cette semaine à l'occasion de la conférence "Choose France" organisée au Château de Versailles. Le gouvernement recevait alors 200 patrons venus du monde entier.

En 2019, l'aéroport a enregistré 54.700 départs et arrivées. Un chiffre en baisse par rapport à 2018, qui avait été une année "exceptionnelle à cause de la multitude d'évènements business organisés en Ile-de-France", selon Bruno Mazurkiewicz.

Premier aéroport d'affaires en Europe, le Bourget se targue d'avoir une grande flexibilité. "Tout est à la carte", résume Pascale Nizet, directrice d'Ozelys, une agence de communication implantée au Bourget. "Vous pouvez faire un Grenoble-Dallas. Et vous pouvez changer de destination en vol". Ici, on peut aussi atterrir "H24" mais pas décoller après 22H15.

Un nouveau terminal inauguré en octobre dernier

Une efficacité qui rime avec une sobriété des terminaux, des hangars au décor dépouillé. Le nouveau terminal Astonsky, inauguré en octobre, a toutefois fait le pari du luxe et repris "les codes des palaces" en offrant notamment une "escape route" pour exfiltrer des personnes connues si des journalistes les attendent, assure Charles Clair, président d'Astonsky.

Aquarium, cigares, cave remplie des meilleurs crûs, majordome en queue de pie et chapeau haut de forme... tout est fait pour éviter la "rupture entre le client qui sort de sa Bentley pour rentrer dans son avion de plusieurs millions de dollars" en passant par un hangar, assure le président.

Le Bourget, qui a sa gendarmerie, une police aux frontières ainsi qu'une douane, voit également passer des avions sobrement appelés "vols d'Etat". Des avions à bord desquels peuvent voyager un président américain comme une chancelière allemande ou un ambassadeur.

"Les vols d'Etat impliquent une gestion des convois, des exfiltrations. On échappe au côté très officiel de Roissy, avec la garde républicaine et le tapis rouge. Les gens arrivent en toute discrétion", assure Bruno Mazurkiewicz.

Près de 70 entreprises employant plus de 3500 personnes sont implantées sur la plate-forme.

S. Se avec AFP