BFM Business

Bruxelles propose un embryon de budget pour la zone euro

La Commission européenne a proposé ce jeudi de créer une sorte de caisse de soutien commune aux États-membres de la zone euro dotée d'une cinquantaine de milliards d'euros.

La Commission européenne a détaillé jeudi ses propositions d'un embryon de budget de la zone euro, une proposition a minima par rapport au vœu du président français Emmanuel Macron.

Annoncé début mai, ce plan de l'exécutif européen prévoit d'une part un programme de soutien aux réformes jugées prioritaires dans tous les pays de l'Union européenne -telles celles des retraites ou du marché du travail, par exemple- doté d'un budget global de 25 milliards d'euros.

Il prévoit d'autre part un mécanisme censé venir en aide, par le biais de prêts d'un montant maximal de 30 milliards d'euros, à un pays qui subirait un choc économique important (comme une catastrophe naturelle) pour qu'il ne coupe pas massivement dans ses investissements.

Une Allemagne frileuse

Ces propositions -qui doivent être approuvées à l'unanimité par les 27 pays de l'UE (hors Royaume-Uni qui sort de l'Union) dans le cadre du prochain budget européen pour la période 2021-2027- surviennent dans un contexte tendu avec la crise politique en Italie (troisième économie de la zone euro) qui a tourmenté les marchés.

Or, si le président Macron défend, dans le cadre d'une réforme de la zone euro, un "budget commun" propre aux pays ayant adopté la monnaie unique encore plus ambitieux que la proposition de la Commission, de nombreuses voix en Allemagne s'élèvent contre une union des transferts (des plus riches vers les plus pauvres).

Pour le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, les deux propositions présentées jeudi "combinent un exercice de la responsabilité et solidarité, encourageant les États membres à procéder à des réformes tout en leur offrant un appui financier". 

"Une graine" à "arroser"

Ancien ministre des Finances du président François Hollande, Pierre Moscovici a estimé qu'avec la deuxième proposition -le mécanisme européen de stabilisation des investissements- la Commission "plantait une graine". "Il conviendra à ceux qui veulent la voir grandir de l'arroser et si les autres veulent l'assécher, on verra bien", a-t-il lancé, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Cette proposition est un pas dans la bonne direction, mais la zone euro a besoin d'un budget de convergence et de stabilisation", a simplement déclaré une porte-parole du ministère français de l'Économie.

Les eurodéputés de gauche (socialistes et sociaux-démocrates) n'ont quant à eux pas caché leur amertume: "La zone euro a besoin d'un véritable budget et non d'un effort symbolique", ont-ils réagi dans un communiqué. En revanche, l'eurodéputé allemand du Parti populaire européen (PPE, droite) Markus Ferber s'est emporté contre les propositions de la Commission, réclamant "moins de carottes, plus de coups de bâton".

N.G. avec AFP