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Bruno Le Maire sur les millions de Tom Enders: "Si certains ne veulent pas comprendre, nous prendrons des dispositions"

Invité ce matin sur BFMTV, le ministre de l'économie a rappelé qu'avec la loi Pacte les retraites chapeaux des grands patrons seraient plafonnées et incompatibles avec le paiement d'une clause de non-concurrence.

"Ce sont des sommes excessives, d'un autre temps, d'un autre capitalisme et si certains ne veulent pas comprendre, nous allons prendre des disposition." Invité ce matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Bruno Le Maire a durci le ton. Le ministre de l'Economie semble avoir du mal à avaler les quelque 37 millions d'euros que va recevoir Tom Enders, le patron d'Airbus qui s'apprête à partir à la retraite. Une rémunération qui "jette l'opprobre" sur l'ensemble des entrepreneurs selon Bruno Le Maire alors que ceux-ci, rappelle le ministre, ont versé un milliard d'euros de prime défiscalisée à 2 millions de salariés depuis le début de l'année.

Et pour éviter ce type d'abus à l'avenir, Bruno Le Maire rappelle les mesures que va mettre en place la loi Pacte actuellement au vote. Outre l'obligation de transparence des rémunérations des grands patrons qui devront être comparées au salaire médian de l'entreprise, la future loi va limiter les retraites chapeaux à l'avenir.

Plafonner les retraites chapeaux

"Je vais ramener à 30% du salaire annuel du dirigeant, le montant des retraites chapeaux à l'avenir contre 45% aujourd'hui", détaille Bruno Le Maire. "Et je n'ai pas attendu la cas Tom Enders, c'était prévu dans la loi et ce sera gravé dans le marbre."

Outre la retraire chapeau, c'est à la clause de non concurrence que le ministre de l'Economie veut s'attaquer. "Moi je suis quelqu'un de simple, si vous partez à la retraite ce n'est pas pour aller chez un concurrent", explique Bruno Le Maire. Le futur ex-patron d'Airbus doit en effet toucher 3,2 millions d'euros de prime de non concurrence. "Donc avec la loi Pacte, on ne pourra plus verser une retraite chapeau et une clause de non concurrence", précise le ministre de l'Economie.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco