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Brexit: les négociations entre l'UE et la Grande-Bretagne dans l'impasse

Alors que les Britanniques évoquent "des progrès limités", l'UE estime que les discussions pour encadrer les relations futures entre les deux parties sont au point mort. L'échec des pourparlers est désormais évoqué.

Si la Grande-Bretagne a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier dernier, elle reste soumise aux règles communautaires lors d'une période de transition qui court normalement jusqu'à la fin de l'année, le temps que les deux parties s'entendent sur leur relation future.

Or, les négociations autour de cette relation future (le 4e cycle) n'avancent absolument pas. Michel Barnier, le chef des négociateurs européens hausse le ton: "Cette semaine, nous n'avons fait aucun progrès significatif (...) Nous ne pouvons pas continuer ainsi pour toujours", a-t-il déclaré en souhaitant que Londres et l'UE scellent un accord d'ici au 31 octobre au plus tard.

Un constat partagée par une source européenne citée par l'AFP. "Les Britanniques ne font même plus semblant de négocier", a-t-elle estimé. "Il n'y a eu aucun effort de leur part. On avait même l'impression qu'ils avaient reçu pour instruction de traîner les pieds", ajoute-t-elle.

Un format de négociations inadapté?

Les britanniques sont un peu plus diplomatiques estimant que "les progrès restent limités mais nos discussions ont été positives dans leur tonalité". David Frost, le négociateur pour le royaume a expliqué que le format actuel des négociations, avec des cycles de discussion éloignés les uns des autres, touchait ses limites.

"Nous sommes sur le point d'atteindre les limites de ce que nous pouvons faire dans le format de discussions à distance. Pour faire des progrès, nous devons clairement intensifier et accélérer notre travail". David Frost assure que Londres et la Commission européenne réfléchissait aux moyens d'intensifier le processus.

Les points de blocages sont nombreux, notamment les droits de pêche et la mise en place de règles du jeu équitables en échange d'un accès préservé au marché unique. Ces négociations sont pourtant essentielles pour éviter un Brexit brutal qui se traduirait par un saut dans le vide pour la Grande-Bretagne. La date limite est fixée au 31 décembre.

Se préparer à l'échec

Face à cet enlisement, l'inquiétude grandit des deux côtés de la Manche. Sur le continent, la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin a jugé vendredi nécessaire, dans le Süddeutsche Zeitung, de se "préparer, par précaution, à l'échec des pourparlers".

Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre a averti les banques du pays qu'elles devaient "se préparer" à une sortie sans accord.

Vu l'impossibilité d'arriver à toute avancée concrète jusqu'à présent, l'attention va se porter désormais sur le sommet prévu d'ici à la fin juin entre le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et celui du Conseil, Charles Michel.

OC avec AFP