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Borne: "On est déterminé à mener une réforme qui est essentielle pour l'avenir de la SNCF"

"Cette réforme, elle est indispensable", affirme Elisabeth Borne.

"Cette réforme, elle est indispensable", affirme Elisabeth Borne. - Patrick Kovarick - AFP

Entre 300.000 et 500.000 personnes ont défilé jeudi dans toute la France, contre plusieurs mesures gouvernementales. Le taux de gréviste a dépassé les 35% à la SNCF. Pour autant, le gouvernement ne compte rien lâcher.

Le gouvernement est "déterminé" à mener sa réforme du système ferroviaire, a répété la ministre des Transports Élisabeth Borne, appelant une fois de plus à la concertation au lendemain d'une première grève à la SNCF et d'une manifestation des cheminots. "On est déterminé à mener une réforme qui est essentielle pour l'avenir de la SNCF", a déclaré Mme Borne sur LCI. "Cette réforme, elle est indispensable."

"Je voudrais vraiment rassurer les cheminots: cette réforme, elle est faite pour améliorer le service public, et il n'y aura pas de service public fort sans une SNCF forte", a-t-elle affirmé. "Le gouvernement est décidé, et moi en particulier, à avancer dans la concertation", a répété la ministre. Interrogée sur un éventuel enlisement du conflit, avec une grève dure annoncée à la SNCF à partir du 3 avril, Élisabeth Borne a affirmé qu'elle "ne (pouvait) pas se placer dans cette perspective".

"Utilisons à plein ces dix jours (jusqu'au 3 avril) pour avancer dans la discussion, pour rassurer les cheminots, pour trouver des réponses et pour préparer la loi qui sera discutée prochainement au Parlement", a-t-elle lancé. "Arrêtons d'agiter des peurs!".

"Dangereux" de faire croire qu'on pourrait revenir sur l'ouverture à la concurrence

"On a une réforme importante, je comprends que les cheminots se posent des questions. Je m'adresse vraiment aux organisations syndicales pour leur dire que notre responsabilité commune, c'est dans la concertation, dans la négociation, d'apporter des réponses aux questions."

La ministre a jugé en particulier "dangereux" de faire croire qu'on pourrait revenir sur l'ouverture des chemins de fer à la concurrence, entérinée sous le précédent quinquennat: "L'ouverture à la concurrence, elle a été décidée. Le sujet, c'est comment on s'y prépare." Elle a aussi rappelé son objectif de mettre fin à l'embauche au statut de cheminot.

Remarquant que la journée d'action dans la fonction publique rassemblait jeudi plusieurs protestations diverses sur les salaires, les effectifs ou les conditions de travail, Mme Borne a dénoncé des arrière-pensées.

"On voit qu'il y a une volonté de certains syndicats ou mouvements politiques de faire un amalgame entre tous ces sujets et (...) il y a vraiment une volonté de récupération politique, avec l'idée de rejouer le troisième tour de l'élection présidentielle", a-t-elle affirmé. La participation était "à peu près conforme à ce qui était attendu", a par ailleurs estimé la ministre.

D. L. avec AFP