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Avec le Traité européen, "on va vers le malheur"

Jean Lassalle, député MoDem des Pyrénées-Atlantiques, votera contre le Traité budgétaire européen.

Jean Lassalle, député MoDem des Pyrénées-Atlantiques, votera contre le Traité budgétaire européen. - -

Député du Modem, Jean Lassalle votera contre le Traité européen à l’Assemblée. Dans une interview qu'il a accordé à BFMbusiness.com, il explique son choix, avec émotion, appelant à l'ouverture d'un vrai débat avec les Français.

"On ne joue pas avec ça." Ca, c’est le fait que les dirigeants du pays n’aient pas jugé bon de consulter les Français à propos du Traité européen, actuellement en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Ca, Jean Lassalle, député (MoDem) des Pyrénées-Atlantiques, l’a en travers de la gorge. Et c'est dans une vibrante complainte qu'il nous a expliqué pourquoi il votera contre le Traité européen tel qu'il a été présenté par le Premier ministre.

"Quel triste exemple on donne", nous confie-t-il la voix nouée. Pour cet élu connu pour ses convictions fermes, la promesse faite par François Hollande de renégocier le traité –dont il estime qu’elle n’a pas été tenue- a été "la goutte d’eau qui a fait déborder le vase". Quant au discours de Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée mardi, "c’était tragique, absolument tragique". Plutôt favorable à un référendum, le député plaide pour qu’il n’ait pas lieu dans l’immédiat, "car dans ce cas, il serait perdu d’avance".

"On s'interdit de faire de la politique"

Jean Lassalle n’est pourtant pas réellement hostile au contenu du traité, même s’il émet des réserves: "Le fil conducteur consiste en une série de traités depuis Maastricht dont on se plaint tout le temps. Et impossible de soulever la question de notre souveraineté, sous peine d’être immédiatement diabolisé". L’urgence, selon lui, est donc de "prendre le temps pour une vraie réflexion". Et, pourquoi pas aboutir à des changements radicaux: "Est-ce que l’Europe fédéraliste telle qu’on la construite est le seul modèle envisageable? Je n’ai pas forcément la réponse, mais j’aimerais que l’on se pose la question".

A propos de la règle d’or, objet de crispations au sein même de la majorité, il y voit "plutôt une bonne chose sur le fond. Mais on s’interdit encore un peu plus de faire de la politique". Selon lui, ce traité, en l’état, "affaiblit le rôle des politiques français". Lors du vote à l’Assemblée, il sera sans doute le seul député du centre à ne pas suivre la majorité. Car avec ce traité, et surtout la manière de le faire passer, dit-il, "on va vers le malheur".

Yann Duvert