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Auto-entrepreneurs : une pérennité assez faible

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Selon l’Insee, seulement 36% des auto-entrepreneurs qui se sont lancés en 2014 étaient actifs trois ans plus tard contre 63% des entrepreneurs « classiques ».

Ils sont le moteur depuis plusieurs années de la création d’entreprises en France. Les auto-entrepreneurs qui lancent des micro-entreprises bénéficiant d’un régime social et fiscal simplifié, ont en effet le vent en poupe. Mais pour quelle pérennité ?

La réponse de l’Insee à travers une étude fait assez mal. Trois ans après leur immatriculation, seulement 36 % des auto-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2014 sont encore actifs. Rappelons que cette année-là, 51% des 551.000 créations d’entreprises étaient faites sous ce régime.

C’est bien moins que les créateurs d’entreprises « classiques » qui sont 63% à être encore actifs trois ans après leur immatriculation en 2014.

Autre données décevante, sur la même période, 30% de ces entreprises ont cessé leur activité. Néanmoins, leur situation s’améliore puisque la part des auto-entrepreneurs qui sont actifs trois ans après leur immatriculation est plus élevée pour la génération 2014 que pour la génération 2010 (30 %).

Le secteur d’activité est un critère déterminant de la pérennité. L’Insee note que la proportion d’auto-entrepreneurs actifs après trois ans est la plus élevée dans la santé humaine et l’action sociale (60 %) et l’enseignement (48 %). Elle est plus faible dans la construction (36 %), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (36 %) ou le commerce (28 %). Mauvaise pioche, ces secteurs représentent les immatriculations d’auto-entrepreneurs les plus nombreuses.

Les activités les plus prisées sont les moins pérennes mais les plus rémunératrices

Parmi ces micro-entreprises pérennes, le chiffre d’affaires moyen atteint 10.300 euros annuels. Ces revenus se hissent à 12.800 euros lorsqu’il s’agit d’une activité principale et descend à 7600 euros pour une activité complémentaire. Là encore, c’est bien moins que les chiffres d’affaires des entrepreneurs classiques. 75 % des premiers déclarent moins de 15 000 euros de recettes en 2016, contre 23 % des seconds.

Le chiffre d’affaires moyen est le plus élevé dans les secteurs de l’hébergement-­restauration (15.600 euros), le secteur qui affiche paradoxalement la plus faible pérennité à trois ans. Il est le plus faible pour les arts, spectacles et activités récréatives (6500 euros) et l’industrie (8200 euros). Conclusion, les activités les plus prisées sont les moins pérennes mais les plus rémunératrices. Reste que globalement, 54% des auto-entrepreneurs pérennes se déclarent satisfaits de leur chiffre d’affaires par rapport à leurs objectifs.

Comme dans les entreprises classiques, âge et expérience sont d’importants critères de réussite et donc de pérennité. « En effet, 28 % des auto-entrepreneurs de moins de 30 ans sont actifs trois ans après leur immatriculation, contre 44 % de ceux de 50 ans ou plus », peut-on lire dans l’étude.

Tout comme l’investissement de départ. « La proportion d’auto-­entrepreneurs actifs trois ans après leur inscription est de 32 % pour les projets lancés sans investissement initial, contre 40 % pour ceux ayant investi au moins 1 euro ». Par ailleurs, au sein des 36 % ont bénéficié d’un dispositif d’aide (le plus souvent l’aide aux chômeurs et créateurs d’entreprise ou Accre), 42 % sont actifs après trois ans, contre 33 % de ceux n’ayant bénéficié d’aucune aide.

Côté difficultés, là encore, les similitudes avec les entreprises classiques sont nombreuses. 27 % des auto-entrepreneurs déclarent rencontrer souvent des problèmes de trésorerie, un niveau comparable à celui des entrepreneurs individuels classiques (31 %). Ce problème est d’autant plus prégnant dans le secteur du commerce (36 %) suivi par l’hébergement-restauration (33 %). Les deux secteurs où il y a le plus d’immatriculations…

Olivier CHICHEPORTICHE