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Arnaud Montebourg: les 400 coups d'un trublion

Les saillies d'Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse, le 24 août, ne sont qu'un énième coup d'éclat de l'homme politique.

Les saillies d'Arnaud Montebourg à Frangy-en-Bresse, le 24 août, ne sont qu'un énième coup d'éclat de l'homme politique. - Philippe Desmazes - AFP

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, est à l'origine de la démission du gouvernement de Manuel Valls, ce lundi 25 août. Retour sur le parcours d'un homme politique tout sauf discret.

Arnaud Montebourg, futur-ex-patron de Bercy, a provoqué, par ses critiques de la politique économique de François Hollande et d'Angela Merkel, la démission du gouvernement Valls. Avant et après son entrée au gouvernement, l'homme nous a habitué à du tapage. Retour sur ses principaux faits d'armes.

> Ses coups d'éclat

Porte-parole pour la présidentielle 2007 de Ségolène Royal, il est suspendu de parole pour un mois. On lui reproche d'avoir dit que le seul défaut de la candidate socialiste était son compagnon de l'époque… François Hollande. C'est également lui qui trouva au Président le surnom de "Flanby".

Angela Merkel, une autre cible favorite. En 2011 déjà, il compare la chancelière à son autoritaire prédécesseur Bismarck.

La Commission européenne a aussi souvent été dans le viseur du ministre. "Bruxelles? Des connards", a-t-il affirmé au Monde magazine en 2013. La même année, il qualifie le président de la Commission, José Manuel Barroso, de "carburant du Front national", après que ce dernier a qualifié l'attachement de la France à son exception culturelle de "réactionnaire".

La déférence envers sa hiérarchie? Très peu pour lui. L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en fait les frais après avoir écarté l'idée d'une nationalisation des hauts fourneaux de Florange. "Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes", lui décoche son ministre du Redressement productif d'alors. Un peu plus tard, Montebourg se vante d'en "avoir mis une" à Lakshmi Mittal, le patron du géant sidérurgique.

> Ses coups politiques

Il se fait connaître comme avocat en menant bataille contre le Premier ministre de droite de l'époque, Alain Juppé, dans l'affaire de son appartement loué à prix modique à la ville de Paris en 1995.

Militant actif du PS depuis 1981, élu député de Saône-et-Loire en 1997, il tente en vain, en 2001, en pleine cohabitation, de faire comparaître Jacques Chirac devant la Haute cour de justice.

En 2011, lors des primaires socialistes pour la présidentielle (dont il fut un des théoriciens), il se hisse à la troisième place en axant sa campagne interne, très à gauche, sur la "démondialisation", soit, selon ses adversaires, un néo-protectionnisme qui ne dit pas son nom. Il tient alors un discours virulent à l'égard du patronat, allant jusqu'à dire que Lakshmi Mittal n'était pas le bienvenu en France.

> Ses coups de cœur

Le patriotisme économique, voici ce qui fait battre le cœur d'Arnaud Montebourg. En 2012, il pose en Une du Parisien magazine en marinière Armor Lux, avec une cafetière Moulinex dans les mains. Des objets produits en France. Il plaide en faveur de rayons "made in France" dans les supermarchés et appelle à Noël à choisir des jouets fabriqués sur le territoire.

Carlos Ghosn est, une fois n'est pas coutume, un patron que Montebourg porte dans son cœur. Après avoir vanté les accords de compétitivité noués chez le constructeur, qui ont permis de sauver des emplois français selon lui, il en fait l'un des chefs de projet de la relance industrielle

Côté cœur, le ministre, père de deux enfants, est aujourd'hui célibataire après avoir été le compagnon de la journaliste Audrey Pulvar.

N.G. avec AFP