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Arnaud Montebourg : "La finance, c’est comme le cholestérol"

Arnaud Montebourg n'exclut pas de nationaliser un egrande banque française, en cas d'arrivée au pouvoir.

Arnaud Montebourg n'exclut pas de nationaliser un egrande banque française, en cas d'arrivée au pouvoir. - Philippe Desmazes - AFP

Invité de BFM Business ce mardi, l’ancien ministre et candidat à l’élection présidentielle a de nouveau défendu le "made in France". Sans oublier de s’en prendre aux banques françaises.

Deux ans après son départ du gouvernement, Arnaud Montebourg est de retour sur la scène nationale, endossant cette fois l’habit d’un candidat à l’élection présidentielle. Mais avec la ferme intention de poursuivre ce qu’il avait engagé: le développement du "made in France".

"Chacun a pris conscience que le tissu productif a été ravagé par les années de crise et les années de politique d’austérité qui ont suivi. (…) Nous avons eu des dégâts considérables", a rappelé l’ancien ministre de l’Économie, mardi 6 septembre sur BFM Business.

Le made in France "aussi important" que la lutte contre le cancer

"Pour moi, la mère de toutes les batailles, elle est dans les têtes, c’est le combat culturel pour le made in France. Parce que tout le monde a un intérêt à ce qu’on produise en France", a-t-il poursuivi, se disant "assez fier de constater que les lignes ont bougé dans les têtes".

Se voyant rappeler son discours de la primaire en 2011, lors de laquelle il s’était fait le chantre de la "démondialisation", Arnaud Montebourg s’en est expliqué. "La démondialisation, qu’est-ce que c’était? Rapprocher le lieu de production du lieu de consommation! Aujourd’hui, c’est devenu un phénomène de société et c’est une cause nationale, comme la lutte contre le cancer. Finalement, le made in France, c’est aussi important! Vous voyez des consommateurs qui votent avec leur carte bleue!"

"La finance, ce n'est pas un adversaire"

Selon lui, l’un des problèmes majeurs du pays concerne le financement des entreprises. Et le coupable est identifié. "Les banques, il va falloir maintenant qu’elles financent l’économie réelle", a-t-il asséné. A défaut de quoi une nationalisation au sein de ce secteur ne serait pas exclue. "Je ne vous dirais pas laquelle (de banque, ndr), cela ferait trop de dégât. Mais je dis juste que nous devrons peut-être le faire si nous n’obtenons pas que le système bancaire se réforme", a-t-il prévenu.

Avant d’ironiser sur la célèbre formule du candidat Hollande, lors de son discours du Bourget en 2012. "La finance, ce n'est pas un adversaire. La finance, il y a la bonne et la mauvaise, c'est comme le cholestérol (...) Il y a celle qui spécule, qui est sur les marchés, qui ne s'intéresse pas au long terme, qui est trop gourmande. Et puis il y a celle qui est patiente, qui est sur le long terme, qui s'intéresse à l'économie réelle, à l'industrie, à la production. Celle-là on en a besoin".

Y.D.