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Arnaud Montebourg affirme avoir sauvé 59.961 emplois!

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif - -

Dans une interview au JDD du 17 mars à la veille de l'ouverture de la semaine de l'industrie, le ministre du Redressement productif estime avoir sauvé près de 60.000 emplois depuis son arrivée. Une nouvelle fois, il critique aussi l'euro fort.

Arnaud Montebourg n'a rien perdu de sa puissance de persuasion. Dans une intreview au JDD de ce 17 mars, il se met en tout cas en avant pour vanter son action depuis mai au ministère du Redressement productif.

"On m'a reproché de faire le pompier, mais il y avait nécessité à préserver l'appareil industriel et notre savoir faire technologique. Auparavant, personne ne l'avait jamais fait"(..)"Depuis mon arrivée, nous avons sauvé 59.961 emplois sur 70.909 postes menacés", lance-t-il avec le goût de la précision du chiffre...

"Avec mon autre jambe, nous rebatissons comme à l'époque des grands plans pompidoliens. On renforce tous nos points forts et on unifie les forces par filières autour de projets d'avenir", poursuit-il pour défendre sa vision d'un Etat interventionniste.

Rappel à l'ordre pour Mittal

A propos de PSA, il rappelle que "l'Etat a dû s'engager à hauteur de 7 milliards d'euros sur sa banque, preuve que certaines décisions actionnariales n'éraient pas les bonnes".

Concernant cette fois ArcelorMittal, il estime que "Lakshimi Mittal a subi un rappel à l'ordre sévère de la Commission de bruxelles, de la Belgique et du Luxembourg, et détruit 30.000 emplois en Europe depuis son OPA inamicale sur Arcelor". Le ministre déplore les critiques récurentes faites à la France et à son attractivité : " le supposé dommage réputationnel ne correspond pas à la réalité" (..) "Il relève plutôt de la maladie française de l'auto-dénigrement".

La faute à l'euro

Arnaud Montebourg défend aussi les mesures en faveur de la compétitivité des entreprises françaises adoptées voici peu par le gouvernement Ayrault : "nous avons mobilisé 20 milliards d'euros pour qu'elles investissent et recrutent. La droite en parlait mais n'a rien fait. La gauche a pris le taureau par les cornes".

Mais cette politique est à ses yeux handicapée par la hausse de l'euro, "sinon, nous aurons fait cet effort pour rien". Il ajoute : " lorsque l'euro prend 10 centimes face au dollar, cela se traduit pour EADS par une perte de 1 milliard de profitabilité. Aux niveaux actuels (de l'euro et du dollar), la monnaie unique ne correspond pas aux fondamentaux économiques de la plupart des pays européens", déplore-t-il.

Patrick Coquidé