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ArcelorMittal : journée à très haut risque pour Jean-Marc Ayrault

La gestion du dossier Florange par Jean-Marc Ayrault contestée

La gestion du dossier Florange par Jean-Marc Ayrault contestée - -

Le Premier ministre recevra mercredi 5 décembre les syndicats d'ArcelorMittal pour les convaincre du bien-fondé de l'accord signé avec le groupe sidérurgique. Mais c'est toute sa gestion du dossier qui est contestée, à droite comme à gauche.

A 17H30 heures ce mercredi, Jean-Marc Ayrault va recevoir les syndicats d'ArcelorMittal. Objectif du Premier ministre : donner tous les détails de l'accord conclu, samedi dernier, entre le gouvernement et le groupe sidérurgique sur l'avenir de ses activités en France, en particulier le site de Florange.

Hier, mardi 4 décembre, devant les députés, Jean-Marc Ayrault s'était, en effet, engagé à préciser les clauses de cet accord contesté par les syndicats, mais aussi par nombre d'élus de droite et aussi de gauche. Le Front de gauche (FG) de Jean-Luc Mélenchon a qualifié l'accord de "marché de dupes".

Selon Le Monde en tout cas, les 180 millions d'euros d'investissements en cinq ans promis par Lakshmi Mittal se résumeraient à seulement 53 millions d'investissements stratégiques. En clair, Jean-Marc Ayrault se serait fait rouler dans la farine pour éviter une nationalisation provisoire réclamée par Arnaud Montebourg, son ministre du Redressement productif, qu'il a semblé traiter par dessus la jambe depuis vendredi dernier. D'autant que certaines sources confirment bien que des investisseurs étaient prêts à se substituer à Lakshmi Mittal pour reprendre le site de Florange.

En fait, c'est toute la gestion du dossier ArcelorMittal par le gouvernement qui est reprochée à Jean-Marc Ayrault alors même que l'attitude du groupe sidérurgique n'est pas exempte de reproches. Jean-Marc Ayrault doit aujourd'hui se justifier d'avoir privilégié une solution avec ArcelorMittal en désavouant Arnaud Montebourg.

Il doit également se défendre d'avoir favorisé cette solution pour sauvegarder le site ArcelorMittal de Basse-Indre, dans son ancienne circonscription électorale de Loire-Atlantique. Les explications qu'il doit fournir ce soir vont être très attendues. En particulier au sein de la majorité.

Député PS et proche de Jean-Marc Ayrault, Olivier Faure est venu, ce mercredi matin, à la rescousse du chef du gouvernement. Il a estimé que la nationalisation provisoire aurait coûté un milliard d'euros et non la moitié seulement comme l'avançait Arnaud Montebourg.

Patrick Coquidé (texte) Antoine Delpierre (vidéo)