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Allemagne: Angela Merkel et Peer Steinbrück face à face

La chancelière et son rival du SPD s'affronteront lors d'un duel à la télévision dimanche soir.

La chancelière et son rival du SPD s'affronteront lors d'un duel à la télévision dimanche soir. - -

Il ne reste que 23 jours à Angela Merkel et Peer Steinbrück pour convaincre les électeurs allemands. Le candidat socio-démocrate a présenté jeudi son programme pour les 100 premiers jours, en cas de victoire. Mais celle-ci semble impossible à obtenir.

Ce dimanche soir 1er septembre,, Angela Merkel s’opposera à Peer Steinbrück, le candidat socio-démocrate, lors d’un duel télévisé, le seul de la campagne. Pour la chancelière sortante, il s’agit d’éviter les faux-pas afin de garder son avance, qui s’est quelque peu réduite.

Pour le candidat du SPD, il y a peu de chance de renverser complètement la tendance, même s’il est désormais crédité de 28% des intentions de vote, contre 22% il y a quelques semaines. Peer Steinbrück peut surtout espérer grignoter assez de voix pour forcer ses adversaires à une "grande coalition", comme en 2005.

Un salaire minimum pour tous

Pour cela, le social-démocrate a présenté, jeudi 29 août, son programme pour les 100 premiers jours après son élection, comme l’avait fait François Hollande en 2012. "La première mesure sera l’introduction d’un salaire minimum de 8,50 euros", a-t-il expliqué. L’Allemagne ne possède pas actuellement pas de salaire minimum légal.

Autres mesures du programme du SPD: un minimum vieillesse à 850 euros, la suppression de la prime pour les mères de famille qui ne peuvent placer leurs enfants en crèche – mise en place au 1er août par la chancelière –, et la possibilité pour les étrangers de garder une double nationalité – ceux qui demandent la nationalité allemande doivent pour le moment abandonner leur ancienne.

Des programmes semblables?

Peer Steinbrück a aussi rappelé sa volonté d’un plafonnement des loyers. Mais la mesure a été récupérée par Angela Merkel, intégrée depuis plusieurs mois à son propre programme. 

La CDU de la chancelière souhaite aussi un salaire minimum par exemple, mais celui-ci devra être négocié dans les branches, au lieu d’être unifié pour toute l’Allemagne et tous les secteurs. Le SPD, de son côté, ne revient pas sur l’augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite, relevé à 67 ans.

Dans les faits,on le voit, les programmes des deux grands partis diffèrent plus sur la forme que sur le fond.

Un problème de positionnement

Enfin, les sociaux-démocrates tentent de marquer des points en critiquant la politique d’Angela Merkel sur le coût du sauvetage de la zone euro pour les contribuables allemands, et sur la justice sociale.

Problème: les élus de la SPD ont approuvé les plans successifs pour la zone euro, et Peer Steinbrück a été ministre de l’Economie d’Angela Merkel pendant quatre ans.

Sans compter que c’est l’ancien chancelier du SPD, Gerhard Schröder, qui a mis en place l’Agenda 2010. Ce dernier a permis de redresser l’économie allemande, mais a accentué la précarité, laissant de vives traces dans l’esprit des Allemands.

Le titre de l'encadré ici

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> Une deuxième défaite pour le SPD?

En 2009, le SPD, mené par Frank-Walter Steinmeier, avait enregistré le pire résultat de toute son histoire. Les sociaux-démocrates avaient récolté 23% des voix et perdu 76 sièges de députés au Parlement.

Le titre de l'encadré ici

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> Gerhard Schröder, l’atout choc du SPD?

L’ancien chancelier est apparu en première partie lors de trois meetings de Peer Steinbrück. L’occasion de donner du charisme à un parti qui pâtit de l’image de son candidat, mais aussi un pari risqué pour Peer Steinbrück. Ce dernier pourrait disparaitre derrière son imposant prédécesseur, dont le bilan est très disputé parmi les Allemands.

Audrey Dufour