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Accord UE-Mercosur: la France s'oppose et accuse Bolsonaro

Image satellite de la forêt amazonienne le 11 août 2019.

Image satellite de la forêt amazonienne le 11 août 2019. - HO / NASA EARTH OBSERVATORY / AFP

Emmanuel Macron, estimant que son homologue brésilien Jair Bolsonaro a « menti » sur ses engagements en faveur de l'environnement, a déclaré vendredi que la France s'opposait au traité de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur.

Mauvais temps pour l’accord UE-Mercosur ? Accusant le président brésilien Jair Bolsonaro de ne pas avoir tenu ses engagements en faveur de l'environnement, Emmanuel Macron a annoncé vendredi que la France s'opposait, « dans ces conditions », au traité de libre-échange controversé. « Compte tenu de l'attitude du Brésil ces dernières semaines, le président de la République ne peut que constater que le président Bolsonaro lui a menti lors du sommet [du G20] d'Osaka », a assuré l'Elysée.

L'accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay), très critiqué, notamment par le secteur agricole ou les écologistes, a été signé en juin dernier après 20 ans de tractations. La France avait conditionné sa validation de l'accord au respect par le Brésil de certains engagements environnementaux qui avaient été notamment discuté pendant le dernier sommet du G20, instance dont est membre le Brésil.

Les feux de forêt qui se propagent actuellement en Amazonie brésilienne sont devenus un sujet diplomatique majeur aux multiples répercussions internationales. Le président français s'était alarmé jeudi des feux qui ravagent la plus vaste forêt tropicale de la planète, parlant de « crise internationale » et donnant rendez-vous aux pays du G7, qui s'ouvre samedi à Biarritz, « pour parler de cette urgence ». La chancelière Angela Merkel ainsi que le canadien Justin Trudeau, deux des membres du G7, ont également jugé impératif de parler de ces incendies massifs pendant la réunion de Biarritz.

« Mentalité colonialiste »

Le président brésilien, de son côté, a accusé son homologue français de vouloir « instrumentaliser » le sujet « pour des gains politiques personnels ». « La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au [sommet du G7] sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au 21e siècle », a également déclaré le dirigeant climato-sceptique.

La rédaction