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Dette liée au coronavirus: "Il faudra rembourser", prévient le gouverneur de la Banque de France

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France - KIYOSHI OTA / POOL / AFP

La dette publique pourrait atteindre 115% du PIB à l'issue de la crise. Le banquier des banquiers, François Villeroy de Galhau, évoque plusieurs pistes pour la rembourser. Notamment, de réduire les dépenses.

“La France va sortir de ce choc avec une dette publique accrue d’au moins 15 points de PIB, à 115 %”, prévoit François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. Dans un entretien au Journal du Dimanche, le banquier des banquiers se veut réaliste.

"Dans la durée, il faudra rembourser cet argent."

François Villeroy de Galhau évoque plusieurs pistes. Rembourser la dette liée au coronavirus "dans plus longtemps" mais aussi, réduire les dépenses. "Pour le même modèle social que nos voisins, nous dépensons beaucoup plus", argue le gouverneur de la Banque de France. Un problème antérieur à la crise sanitaire.

"Il faudra viser une gestion plus efficace, d’autant que les Français ne souhaitent pas payer plus d’impôts. L’Allemagne peut répondre massivement au choc actuel parce qu’elle a su diminuer sa dette quand cela allait mieux", analyse François Villeroy de Galhau.

Restaurer la confiance 

Pour accélérer la reprise économique, il faut selon lui "restaurer la confiance", afin "que les ménages consomment et que les entreprises continuent d’investir et d’embaucher comme elles le faisaient depuis quatre ans".

"Un des accélérateurs de croissance passerait par des programmes d’investissement public européens. Cela permettrait d’augmenter nos capacités de production et de renouer avec nos priorités de long terme comme la lutte contre le changement climatique", affirme François Villeroy de Galhau.

Celui qui a participé à plusieurs réunions au FMI et au G20 ces derniers jours a indiqué que "la réaction de tous les pays avancés, dont la France, avait été saluée". Mais il rappelle que "les défis et les risques restent extrêmement forts, et nécessitent plus de solidarité: le gouvernement américain actuel a donné un mauvais signal en suspendant sa contribution à l’OMS, et en s’opposant à des droits de tirages spéciaux supplémentaires pour le FMI".

Pauline Dumonteil