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Déconfinement: les entreprises s'inquiètent d'un redémarrage trop lent

Si elle est trop lente, la reprise du travail le 11 mai pourrait ne pas permettre une reprise économique, estiment des dirigeants français

Si elle est trop lente, la reprise du travail le 11 mai pourrait ne pas permettre une reprise économique, estiment des dirigeants français - AFP

Si elle est trop lente, la reprise du travail du 11 mai pourrait ne pas permettre une reprise économique efficace et freiner la compétitivité de la France par rapport à d'autres pays européens, notamment l'Allemagne, estiment des dirigeants français.

La reprise du travail démarrera le 11 mai après deux mois de confinement. En France, les conditions de ce redémarrage inquiètent les chefs d'entreprises qui craignent qu'il se fasse trop lentement pour être efficace. D'autant que de nombreux pays, notamment l'Allemagne, risquent de s'imposer face aux entreprises françaises en imposant moins de contraintes.

Dans Le Figaro, un patron d'une grande entreprise de services, évoque cette inquiétude.

"La France risque de perdre des pans entiers de son économie, et pas seulement dans la restauration, l’hôtellerie et les transports", estime ce dirigeant qui tient à conserver l'anonymat. "La France décroche massivement par rapport aux autres pays développés", constate Hervé Montjotin, patron de Socotec.

"Non seulement l’Allemagne a moins ralenti que la France, mais elle redémarre plus vite et plus fort", confirme un expert en stratégie d'entreprises.

Droit de retrait et volontariat

La décision de la cour d’appel de Versailles qui a restreint les activités d'Amazon conduisant l'entreprise à fermer ces centres logistiques en France jusqu'à fin avril ou les réactions de parents sur la réouverture des écoles n'est pas étrangère à ces inquiétudes. En effet, les dirigeants craignent que des mesures de protection, notamment le droit de retrait ou la reprise sur la base du volontariat, freinent le redémarrage de l'activité économique.

"C’est très français, d’opposer l’économie à la vie, observe Hervé Montjotin. Mais l’économie, c’est la vie. Nous allons tous devoir apprendre à vivre avec le Covid-19 pendant de longs mois", estime Hervé Montjotin qui craint que le "11 mai ne change rien" malgré le plan de soutien à l’économie mis en place en mars par le gouvernement .

Le chantier de la reprise du travail est géré conjointement par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Des cahiers des charges ont été mis à la disposition des entreprises, branche par branche, pour que la reprise se fasse dans de bonnes conditions.

"Les discussions sont de plus en plus difficiles avec le ministère du Travail, qui ne semble pas avoir les mêmes priorités que Bercy", confie au Figaro un dirigeant. "Nous avons les mêmes problèmes avec la médecine du travail. À chaque fois que nous prenons une mesure de protection, elle en demande une autre. Sans compter le comportement irresponsable de la CGT".

Pascal Samama