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Coronavirus: la compagnie Emirates dépiste des passagers à l'aéroport, mais est-ce vraiment utile?

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La compagnie a pratiqué à l'aéroport de Dubaï un test sanguin sur tous ses passagers à destination. Une première au monde, mais qui pose la question de son utilité.

Va-t-on dorénavant devoir passer un test sanguin avant de monter dans l'avion? C'est en tout cas ce que souhaite généraliser Emirates. La compagnie du Golfe a effectué ce mercredi 15 avril un test sanguin à l'ensemble de ses passagers embarquant à l'aéroport de Dubaï pour Tunis.

Un rapide test sanguin a été effectué par l'Autorité sanitaire de Dubaï (DHA) et les résultats ont été disponibles en 10 minute. Ce test de dépistage a été effectué dans la zone d'enregistrement, au terminal 3 de l'aéroport international de Dubaï.

"Le processus de test s'est parfaitement déroulé, indique la compagnie dans un communiqué. Nous nous employons à accroître les capacités de dépistages à l'avenir et à les étendre à d’autres vols, ce qui nous permettra de réaliser des tests sur place à l’aéroport et de fournir une réponse immédiate aux passagers Emirates voyageant vers des pays qui exigent des certificats de test COVID-19."

Le but de la compagnie n'est donc pas d'empêcher les éventuels passagers de voyager dans ses avions. Mais simplement de leur donner l'information de leur positivité ou leur négativité.

Une opération guère utile

Une initiative louable qui a cependant une limite: le test sérologique ne dit pas grand chose sur l'état de santé de la personne et sur sa contagion. A la différence des tests RT-PCR actuels, les analyses sanguines ne détectent pas le virus à proprement parler mais les anticorps. Or ceux-ci apparaissent plusieurs jours après contamination (5-10 jours, voire jusqu'à 28 pour les malades sans symptôme). Autrement dit le passager peut être testé négatif à l'entrée de l'avion alors qu'il a le virus et que son organisme n'a pas encore produit d'anticorps.

Si en revanche le test s'avère positif, il y a des grandes chances que le passager ait eu le virus. Sauf que le test n'en dit pas davantage. La personne peut l'avoir eu, en être guéri mais être toujours contagieuse. Selon une étude de l'Université de Genève, on peut transmettre le virus de 14 jours à 25 jours après l'apparition des symptômes. Voire 37 jours selon une étude chinoise.

Dans ce contexte, l'initiative d'Emirates n'est qu'une opération d'information mais en aucun une mesure sanitaire. Le résultat du test ne permettant pas de savoir si le passager est vraiment malade ou encore contagieux.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco