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Coronavirus: environ 2 milliards d'euros de manque à gagner pour les sociétés autoroutières

Les autoroutes ont été désertées pendant le confinement.

Les autoroutes ont été désertées pendant le confinement. - AFP

Selon le président de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes, le retour à la normale du trafic n'interviendra pas avant au moins 2022.

Le manque à gagner dû au coronavirus devrait atteindre cette année environ 2 milliards d'euros pour les sociétés autoroutières, a estimé ce mardi Arnaud Quemard, directeur général du groupe Sanef et président de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (Asfa).

"L'impact pour le groupe Sanef, c'est environ 400 millions d'euros", à comparer à un chiffre d'affaires de 1,8 milliard l'an dernier, a-t-il indiqué devant la commission d'enquête du Sénat sur les concessions autoroutières. "Si on fait (un calcul) homothétique vis-à-vis du secteur, c'est de l'ordre de 2 milliards de chiffre d'affaires qui ne se réalisera pas au niveau du secteur sur l'année 2020", a-t-il ajouté.

Les 18 sociétés d'autoroutes avaient réalisé en 2018 un chiffre d'affaires de 10,4 milliards d'euros, selon les derniers chiffres de l'Autorité de régulation des transports (ART). S'ajoute pour la crise actuelle "le risque de surcoût des travaux, qu'on ne sait encore chiffrer", a noté Arnaud Quemard. "Ca fait partie aussi du risque du concessionnaire", a noté le responsable, rappelant que le trafic poids lourds avait mis dix ans à se remettre de la crise financière de 2008.

Lente reprise du trafic

A la fin mai, le trafic des véhicules légers sur les autoroutes Sanef (de Paris vers le Nord, l'Est et la Normandie) était en recul de 36,5% sur les cinq premiers mois de l'année, a-t-il observé. "Je suis extrêmement surpris par la lenteur de la reprise du trafic", a remarqué Arnaud Quemard, avec par exemple un trafic de 16% inférieur à la normale le week-end dernier, alors qu'on aurait pu penser que les Français profiteraient du déconfinement.

"Le télétravail s'installe et a l'air de s'installer durablement", le trafic domicile-travail restant à 60% de la moyenne. "Nos prévisions c'est peut-être qu'on arrivera à 90% en fin d'année", a-t-il dit, tenant toutefois à rester prudent. "Les étrangers ne vont probablement pas revenir massivement en France cet été pour les vacances", mais on devrait voir "un peu plus de Français sur les routes", a-t-il dit. "On prévoit encore -5% l'an prochain de trafic par rapport à 2019", a ajouté Arnaud Quemard, rappelant que le trafic poids lourds suivait de son côté les courbes de l'économie. "Est-ce qu'en 2022 on retrouvera les trafics de 2019? Peut-être", a-t-il conclu.

P.L avec AFP