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Coronavirus: comment ce ver marin peut venir en aide aux hôpitaux

L'hémoglobine de ver marin mis au point par Hemarina a vu son protocole d'essai pour des patients en détresse respiratoire à cause du covid-19, approuvé par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament).

L'hémoglobine de ver marin mis au point par Hemarina a vu son protocole d'essai pour des patients en détresse respiratoire à cause du covid-19, approuvé par l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament). - Hemarina

Hemarina fournit des doses issues du sang de ver marin à deux hôpitaux parisiens. Ils vont mener les essais sur des patients en insuffisance respiratoire, avec l'accord de l'Agence nationale de la sécurité du médicament et du comité de protection des personnes. Ce laboratoire pharmaceutique breton cultive ce ver dont le sang a des capacités d'oxygénation étonnantes.

Quand un ver marin va permettre d'oxygéner des patients atteints du Covid-19 en graves difficultés respiratoires mais ne pouvant pas être intubés. Son sang apporte 40 fois plus d'oxygène aux organes que le sang humain et un traitement à base de doses issues de ce sang va être administré à des patients gravement atteints par le Covid-19 dans le cadre d'un essai clinique.

Destiné à des patients affectés par le Syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), ce traitement est issu de l'hémoglobine d'un ver marin, l'arénicole.

Un ver bien connu des pêcheurs

Ce petit ver de 10 à 15 cm, bien connu des pêcheurs, est cultivé par la société bretonne de biotechnologie Hemarina (basée à Morlaix dans les Côtes d'Armor) et dont elle a découvert les vertus, déjà appliquées pour oxygéner des organes en attente de transplantation. Qui plus est, cette hémoglobine peut être administrée quel que soit le groupe sanguin du receveur, jouant ainsi le rôle de transporteur d'oxygène "universel".

Ce produit se présente sous la forme de doses à injecter aux patients, envoyés aux deux hôpitaux parisiens, Georges Pompidou et la Pitié-Salpêtrière, où l'essai clinique doit avoir lieu.

Dix patients en grave détresse respiratoire seront traités

L'Agence nationale de la sécurité du médicament a délivré son autorisation pour ces essais, lesquels ont aussi reçu l'approbation du Comité de protection des personnes (CPP) pour que le test clinique puisse démarrer sans délai. Ces doses seront injectées par intraveineuse à 10 patients qui sont en insuffisance respiratoire, mais qui ne peuvent être ni intubés, ni traités par une machine qui permet d’oxygéner le sang artificiellement.

"Le but est d'utiliser cette molécule comme une sorte de respirateur moléculaire avant que les patients ne basculent dans un processus lourd de réanimation", explique Franck Zal, docteur en biologie marine et patron d'Hemarina, rappelant le manque actuel de respirateurs artificiels. Le laboratoire de biotechnologie est actuellement dans l'attente d'une autorisation de commercialisation de son produit.

L'entreprise, qui dispose de sa propre ferme d'élevage de vers marins en Vendée, dispose de 5000 doses immédiatement disponibles et pourrait en produire "assez rapidement" 15.000 autres. Située sur l’île de Noirmoutier, cette ferme marine de 13 hectares a une capacité de production estimée à 30 tonnes de vers marins par an.

Frédéric Bergé