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Vivarte: le gouvernement reste "vigilant"

Le groupe a annoncé la cession de deux de ses marques et la suppression de centaines de postes. L'intersyndicale est reçue, ce mercredi, au ministère du Travail.

Le gouvernement s'est engagé devant l'intersyndicale de Vivarte, au lendemain de l'annonce de plusieurs centaines de suppressions d'emplois dans le groupe en difficulté, à suivre de près les plans sociaux et à rester "vigilant" sur la situation du groupe.

L'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, SUD) a été reçue mercredi matin par la ministre du Travail Myriam El Khomri et le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue, au ministère du Travail. Elle a présenté des "demandes d'explications" aux deux ministres, portant sur l'utilisation des fonds versés au titre du CICE (45 millions d'euros depuis 2013) et sur "le pillage organisé du groupe", a déclaré à l'AFP Karim Cheboub, secrétaire CGT du comité de groupe.

Les ministres ont "pris note"

L'intersyndicale, accompagnée de l'expert du comité de groupe, a aussi demandé que "des inspecteurs du travail soient présents tout au long" des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui vont être déclenchés à la Halle aux chaussures et chez Vivarte Services, la filiale fonctions support du groupe. Elle a également suggéré que les deux ministres fassent passer à leur camp politique un message pour qu'une proposition de loi visant à "encadrer et réformer les montages LBO" (procédure de rachat d'entreprise par endettement) soit déposée.

Les ministres ont "pris note" et "ont semblé être à l'écoute de nos demandes", a poursuivi Karim Cheboub. Myriam El Khomri a pris "l'engagement que des inspecteurs du travail soient présents" pendant les PSE et assuré que le gouvernement allait "rester vigilant sur la situation" du groupe, a-t-il rapporté. La ministre du Travail a aussi annoncé à l'intersyndicale qu'elle allait rencontrer les dirigeants du groupe et "les sensibiliser au dialogue social", selon ses propos rapportés par le représentant des salariés. Elle a également pris "l'engagement de demander aux actionnaires", les fonds Oaktree, Babson, GLG et Alcentra, qu'ils rencontrent l'intersyndicale.

Dans l'après-midi, lors des questions au gouvernement, la ministre du Travail a également déclaré que "la situation chez Vivarte, c'est la conséquence d'un LBO (rachat par endettement, NDLR) raté, cette stratégie financière de court terme se traduit maintenant par plusieurs plans de restructuration et la perte de nombreux emplois, et bien évidemment c'est inacceptable", avant d'ajouter qu'elle avait "assuré aux organisations syndicales que l'État userait de tous ses leviers d'action pour contraindre l'entreprise à assumer ses responsabilités économiques et sociales". "Que les choses soient claires, a-t-elle poursuivi, l'État n'homologuera pas un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) qui ne respecte pas les dispositions prévues par la loi, tant en terme de dialogue social que de proportionnalité des mesures d'accompagnement"

Des alertes depuis des mois

Celle-ci, qui alerte depuis des mois sur la situation du groupe et le risque de son démantèlement, n'a été reçue que début janvier pour la première fois par le gouvernement, à l'occasion d'une rencontre avec le cabinet de Christophe Sirugue. 

La CFDT, qui ne fait pas partie de l'intersyndicale, a indiqué de son côté dans un communiqué s'être entretenue par téléphone avec Mme El Khomri pour lui demander de "veiller" à ce que les négociations soient "loyales". Elle l'a aussi interpellée sur "l'impact du démantèlement" du groupe "sur le territoire national".

Un "démantèlement" sur lequel la fédération CGT-commerce entend obtenir des éclaircissements en justice, en demandant en référé la "désignation d'un expert indépendant". "On veut une expertise neutre sur la gestion" du groupe où "des milliers d'emplois vont être supprimés", a expliqué à l'AFP Amar Lagha, son secrétaire général, selon qui les actionnaires, "qui sont aussi les créanciers", ont "fait le choix de couler cette boîte pour s'enrichir". La CGT veut aussi que s'engage ainsi dans le pays un "débat sur les montages LBO". Une requête a été déposée mercredi matin devant le tribunal de grande instance de Paris. 

Sur Franceinfo, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement a estimé que le gouvernement devait "tout faire pour que des gens qui perdent leur emploi, d'abord soient accompagnés, et puis pour éviter que des plans aillent au-delà de ce qui est nécessaire pour qu'une entreprise se redresse. Et qu'on ne soit pas dans des choix financiers, spéculatifs... C'est ça l'enjeu". 

D. L. avec AFP