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Un ancien de Nestlé lance le Nespresso des plats cuisinés

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La machine et les recettes de plats ont été mis au point en partenariat avec la célèbre chef française Anne-Sophie Pic. Cette dernière a même pris une partie du capital de cette start-up vaudoise.

Des plats cuisinés individuels qu’on réchauffe à la température idéale dans une machine conçue à cet usage exclusif. Telle est l’idée sur laquelle parie le suisse Nutresia. Cette start-up vaudoise a mitonné son projet pendant près de 5 années. Son concept a été baptisé chef cuisine. Et la société s’est associée à la célèbre chef française Anne-Sophie Pic qui a pris une partie du capital de l’entreprise.

Cette dernière a réalisé les recettes de ces plats que les consommateurs doivent commander sur internet. Les intitulés contribuent à donner aux clients le sentiment qu'il achète des produits d'exception, comme ce pigeon saisi au poivre de Voatsiperifery accompagné de dés de légumes racines et son jus corsé à la cannelle ou ces crozets au sarrasin à l'anis vert, carottes jaunes, fricassée de sot-l'y-laisse.

Une machine vendue 199 euros

Les plats sont livrés dans les 24 heures à Paris, et en 48 heures ailleurs en France. Ils se gardent au réfrigérateur entre 1 et 2 semaines et n’ont pas à être recuits mais juste réchauffés dans le cuiseur. Une puce RFID dans l’emballage indique à la machine la température à laquelle doit être porté chaque plat selon les ingrédients. La technique utilisée (vapeur et bain marie) implique d’attendre 20 à 30 minutes mais la machine, vendue 199 euros, dispose de 6 compartiments. 

Le prix des plats s’échelonne de 5 euros pour une soupe à 60 euros pour un menu dégustation sans dessert pour 2 à 3 personnes. Au total, pour la première saison, Anne-Sophie Pic a réalisé 30 recettes qui sont cuisinées par la société sarthoise LDC, plus connue pour ses marques commerciales : les poulets Loué, plats cuisinés Marie…

Un patron qui sait tout de la machine à cash Nespresso

Pour commencer à gagner de l'argent, la société qui commercialise son concept en Suisse, en France et en Belgique, doit parvenir à équiper, d'ici 2019, plus de 3 foyers sur 1.000 et les convaincre de consommer au moins deux plats par semaine. Un pari ambitieux qui repose notamment sur des technologies brevetées. Nutresia en a déposé plus d'une centaine. Mais le créateur de la société, Jonathan Pennella, connaît très bien ce business model qui a fait le succès de Nespresso. Avant de créer son entreprise, il travaillait chez Nestlé en tant que directeur financier. 

Durant sa carrière il a notamment fait du contrôle de gestion, ce qui lui a permis d’éplucher les comptes de la plupart des divisions du groupe. Il a même été pendant un an l’un des patrons d’une des filiales qui a transposé le modèle Nespresso à l’univers du thé. Une expérience qui lui a permis de savoir ce qui marche mais aussi ce qui ne marche pas avec ce modèle où l'on gagne de l'argent en obligeant le consommateur à ne se fournir qu'auprès d'une seule marque.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco