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Tesco invente des fermes pour vendre ses produits frais

Tesco a lancé des marques de produits frais au nom de fermes... qui n'existent pas.

Tesco a lancé des marques de produits frais au nom de fermes... qui n'existent pas. - Leon Neal - AFP

"Le géant britannique de la distribution a lancé cette semaine de nouvelles marques de produits frais au nom de fermes qui sonnent très british... Mais qui n'existent pas."

Le bucolique fait vendre. C'est ce qu'ont dû se dire les cerveaux qui s'occupent du marketing de Tesco. Le géant britannique pâtit d'une très mauvaise campagne sur les réseaux sociaux ces jours-ci. En cause: le lancement de nouvelles marques de produits frais aux noms de fermes qui sonnent très campagne anglaise, mais qui n'existent nulle part ailleurs que sur ces emballages.

L'affaire est rapportée par Le Monde ce samedi. Le journal raconte que le groupe, leader du marché britannique et 3e distributeur mondial, a lancé le 21 mars 7 nouvelles marques. Par exemple "Redmere Farms" pour les légumes, "Rosedene Farms" pour les fruits, "Woodside Farms" pour la cochonnaille.

Mais ces fermes n'existent que dans l'imaginaire des équipes de Tesco. Et les produits vendus sous ces noms ne viennent même pas du countryside anglais, mais de l'agriculture mondialisée. Le quotidien évoque ainsi des fraises marocaines, des poires belges, des champignons hollandais, des patates douces américaines.

Alors certes, Tesco n'est pas dans l'illégalité en apposant ces noms de lieu fictif sur ces denrées. Le produit est comestible, et ces techniques marketing ne sont pas interdites. Mais sur les réseaux sociaux, c'est le bad buzz. Les consommateurs se sentent floués.

"Y a-t-il une limite à la cupidité et au cynisme de Tesco ? 'Rosedene Farm' produit du Maroc"! s'indigne un consommateur sur Twitter.

"Tesco invente des fermes fictives pour bénéficier de la tendance locavore. Honte à ses équipes marketing", tonne un autre twitto.

Même le monde agricole britannique s'insurge. "Tesco a compris que les clients avaient une opinion positive des agriculteurs et veut capitaliser là-dessus. Nous sommes contents de l’image de notre industrie, mais nous voulons qu’elle soit utilisée avec intégrité", s'est ainsi indigné Phil Bicknell, du syndicat de l’agriculture britannique, cité dans Le Monde.

Le community manager de Tesco se borne pour sa part à réponde que "Nightingale, Redmere et Rosedene ont accueilli des fermes dans le passé", et que "ces noms de marques ont été choisis avec nos fournisseurs".

N.G.