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Steaks de soja et autres spécialités vegan sommés de changer de nom

Les steaks végétariens ne pourront plus s'appeler steak

Les steaks végétariens ne pourront plus s'appeler steak - Eric BARADAT / AFP

Les députés viennent d'approuver l'interdiction de l'utilisation des termes comme steak, saucisse ou nuggets pour les produits d'origine végétale. Selon les professionnels de la viande, il y aurait une confusion dans l'esprit des consommateurs.

Vous avez dit steak de soja? Peut être plus pour longtemps. Les députés viennent de voter en faveur de l’interdiction de présenter les produits alimentaires contenant une part significative de matières d'origine végétale comme de la viande.

Ce vote a eu lieu jeudi dans le cadre de l'examen en commission des Affaires économiques du projet de loi agriculture et alimentation. L’amendement du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), éleveur bovin de profession et président de coopérative agricole, a été adopté afin "d'interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur".

Le texte vise notamment les produits "qui associent des termes comme steak, filet, bacon, saucisse, à des produits qui ne sont pas uniquement, ou pas du tout, composés de viande", selon son exposé des motifs.

La part significative de matières d'origine végétale sera fixée par arrêté. Tout manquement à l’interdiction sera passible de sanctions. En cas de non respect de la décision d'un juge ordonnant la cessation de la pratique commerciale trompeuse, l'amende peut aller jusqu'à 300.000 euros.

L’amendement interdit aussi l’utilisation des termes lait et fromage pour les produits issus de végétaux. Mais dans les faits, l’Europe interdit déjà cet usage depuis une trentaine d’année. On ne trouve donc pas en supermarché des “lait de soja” ou du “beurre végétal”. Seuls sont acceptés le lait d’amande et le lait de coco, considérés comme des termes usuels. Mais, ces exceptions ne figurent pas dans l’amendement voté par les députés et pourraient donc à leur tour être interdites en France.

Le but de ce texte est d'éviter la confusion dans l’esprit des consommateurs, selon les députés. La démarche a d’ailleurs été suivie et encouragée par les professionnels des viandes bovine et porcine. 

"Ne prenons pas le consommateur pour un imbécile"

Interrogé par BFM Business sur cet amendement, la marque Sojasun (groupe Triballat Noyal), spécialiste de produits à base de soja, se défend de toute confusion sciemment entretenue. “On comprend très bien cet amendement qui défend les intérêts de la filière viande, mais ne nous trompons pas et ne prenons pas le consommateur pour un imbécile. Il sait très bien faire la différence entre un steak de soja et un steak de boeuf”, explique Gwenaële Joubrel, responsable nutrition de la marque.

"Sur notre étiquetage, "soja" est écrit de la même taille que "steak" et nos emballages, de couleur verte, reprennent les codes du végétal. Pour nous il s'agit d'un argument de vente, dans un objectif de diversité alimentaire", poursuit-elle.

Le consommateur ne serait jamais trompé? Du côté du Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière (Cniel) regroupant les professionnels du lait, on tient un autre discours. “Nous avons lancé une grande enquête auprès des consommateurs sur la question. Nous publierons les résultats définitifs dans peu de temps, mais ce qu'on sait déjà c’est que pour certains produits, comme des boissons végétales qui même sans s'appeler "lait" reprennent les codes couleurs, le packaging du lait, il y a une vraie confusion”, explique Caroline Fenaillon, responsable des relations des relations extérieures de l'organisme. 

A.-K.M avec AFP