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Spartoo reprend tous les magasins et les salariés d'André

Le spécialiste du e-commerce Spartoo va racheter André.

Le spécialiste du e-commerce Spartoo va racheter André. - Georges Gobet - AFP

Vivarte a confirmé ce mardi être en négociations exclusives avec Spartoo pour lui vendre André. Le spécialiste français de e-commerce reprendra tous les magasins et les salariés, et continuera de produire et vendre la marque André.

Patrick Puy, le PDG de Vivarte, avait indiqué qu'il dévoilerait les noms des repreneurs d'André et de Naf Naf cette semaine. Pour la marque de chaussures emblématique, la presse lui a grillé la politesse lundi, en annonçant Spartoo comme repreneur. 

L'information a été confirmée ce lundi, d'abord par les syndicats, à qui Patrick Puy martelait qu'il réservait la primeur de l'information, puis par la direction de Vivarte un peu plus tard. Dans un communiqué, le groupe a indiqué qu'il était entré en négociations exclusives avec le spécialiste de la vente de chaussures en ligne.

Spartoo reprend la marque, les magasins et les employés

On y lit que Spartoo s'engage à reprendre les 120 magasins de l'enseigne, sauf un à Paris, et "à ne commercialiser que des chaussures et à vendre la marque André pour une part significative de l’assortiment de ses magasins", indique le communiqué de Vivarte. L'enseigne emploie environ 700 salariés, qui eux aussi, seront tous gardés par l'acheteur, affirme ce dernier.

La direction de Vivarte dit avoir été séduite par le projet industriel de Spartoo. Dans le détail, le site prévoit d'équiper les boutiques de "tablettes qui permettraient aux clients d’André d’avoir accès à l’ensemble des produits du groupe Spartoo, et les magasins André seraient transformés en point de click & collect pour les clients du groupe Spartoo", précise le groupe.

La sortie d'André du groupe Vivarte, qui l'a mis en vente en mai 2017, est prévue pour mai. La nouvelle entité juridique devrait s'appeler TooAndré: "comme l’ensemble des filiales de Spartoo, "Too" est associé au nom de la société. Mais la marque commerciale "André" ne changera pas, a précisé le porte-parole de Vivarte.

Spartoo s'était cassé les dents sur Bata

Spartoo, fondée en 2006 par l'ingénieur Boris Saragaglia, est un spécialiste de la vente de chaussures par internet. Le site qui revendique 400 salariés et près de 150 millions de chiffre d'affaires cherchait depuis plusieurs années à acheter une enseigne disposant d'un réseau de boutiques spécialisées dans la chaussure.

Le dirigeant de l'entreprise racontait en 2016 sur BFM Business avoir été candidat pour la reprise de Bata, dont il louait "le savoir-faire" et "les emplacements de qualité". Finalement, et malgré le soutien des salariés de la marque, elle lui passe sous le nez au profit d'un consortium d'enseignes (Courir, Eram, La Chaise longue...) qui récupèrent les boutiques, mais pas la marque.

Le pure-player a néanmoins commencé à ouvrir des boutiques physiques sur le territoire français en 2015. Aujourd'hui, avec André, c'est 120 emplacements de centre-ville qu'il va pouvoir intégrer. Des magasins qui, comme l'expliquait Boris Saragaglia en 2016, restaient bien plus rentables que les e-shop. Parce que même si les coûts du commerce en ligne sont moindres, "les clients sont moins captifs", soulignait-il alors.

De son côté, Vivarte, plombé depuis des années par une lourde dette héritée à la suite de nombreux rachats par LBO, a décidé de se recentrer sur cinq enseignes parmi la vingtaine qu'il détenait encore en 2008. En l'occurrence La Halle et la Halle aux chaussures fusionnées, Minelli, San Marina, Cosmoparis, et Caroll. Le groupe s'est déjà notamment défait de Pataugas, Kookaï, et a mis en vente André, Naf Naf et Besson.

Nina Godart