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Pourquoi le report des soldes était attendu par les commerçants?

Obligés de garder porte close pendant le confinement, les magasins ont des stocks importants et leur trésorerie est au plus bas. Le report des soldes va leur permettre de disposer de quelques semaines supplémentaires afin d'écouler les stocks printemps/été au prix normal.

Les soldes, qui devaient à l'origine commencer le 24 juin, "débuteront le 15 juillet et elles dureront quatre semaines", a déclaré mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur RTL. Ce report tient "compte de la situation des petits commerçants", qui ont besoin de "temps" pour "reconstituer" leur trésorerie sans casser les prix.

Dans un communiqué publié mardi, le Syndicat des indépendants (SDI) "se félicite de cette mesure, qu'il demandait déjà depuis plusieurs semaines, indispensable pour reconstituer la trésorerie des commerces de proximité très touchés par la crise et pour leur permettre d'écouler leurs stocks à un prix normal".

"C'est une solution intermédiaire entre les enseignes et les petits commerçants, et dans la situation actuelle cela va permettre à chacun de s'organiser en fonction de ses contraintes", a réagi auprès de l'AFP Emmanuel Le Roch, directeur général de la fédération du commerce spécialisé Procos, qui représente plus de 450.000 emplois dans plus de 200 enseignes. "Ce qui est très important, c'est que la date soit annoncée pour que les commerçants puissent se préparer", ajoute-t-il.

Tous les commerces ne sont pas dans des situations comparables, mais il existe des constantes: après avoir pour la grande majorité gardé porte close pendant le confinement, les stocks sont importants et la trésorerie est au plus bas.

Soutenir les petits commerçants

"Après une fermeture de plus de deux mois, un report des soldes était indispensable pour les indépendants de l'habillement", a aussi réagi dans communiqué la Fédération nationale de l'habillement (FNH). "Les commerçants vont ainsi pouvoir disposer de quelques semaines supplémentaires afin d'écouler les stocks printemps/été."

"Je sais que ça peut poser des difficultés pour d'autres grandes enseignes", dont les stocks à écouler sont beaucoup plus importants et qui font face à la concurrence de la vente en ligne, "mais je pense qu'il est légitime de soutenir dans ces moments très particuliers ceux qui sont les plus faibles", a fait valoir Bruno Le Maire.

"Nous souhaitions une ouverture au plus tôt, dès le début du mois de juillet si possible, mais l'important est d'avoir de la visibilité et nous prenons acte de la décision", a réagi auprès de l'AFP Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce, qui représente 27.000 magasins dans le secteur de l'habillement et de la chaussure ainsi que le grand commerce de centre-ville.

Relancer la consommation 

A ses yeux, "le plus gros enjeu dans les semaines à venir sera la relance de la consommation". Car si certains secteurs, comme l'habillement des enfants - qui ont grandi pendant le confinement - ou le sport sont assez dynamiques, ce n'est pas le cas, au-delà d'un effet rattrapage, de la mode femme ou homme par exemple.

Dans ce contexte, les soldes peuvent aider à reconquérir un public moins enclin qu'avant la pandémie à flâner dans les magasins ou faire du lèche-vitrines. "Le prix est un critère de choix important, ce sera un atout supplémentaire et c'est pour cela qu'on ne voulait pas que les soldes aient lieu trop tard", a ajouté Yohann Petiot.

Le cabinet de conseil Kantar estimait en 2018 que 47% du chiffre d'affaires du prêt-à-porter se faisait à prix cassés, soit 20% pendant les périodes de soldes et 27% pendant les nombreuses opérations promotionnelles.

"On espère que d'ici la fin de l'été, pour la rentrée, on soit sur un rythme normal, mais c'est loin d'être assuré", s'inquiète Yohann Petiot. "Pour ceux qui visent la clientèle internationale, ce sera encore plus long."

Il existe enfin une interrogation spécifique pour le commerce d'Ile-de-France, note Emmanuel Le Roch. "A Paris, à partir du 15 juillet, il n'y a généralement plus grand monde..." pour faire les soldes en ville. D'autant moins si les touristes étrangers sont peu nombreux à venir visiter la ville lumière.

C.C. avec AFP