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Pourquoi "La vie est Belt" refuse finalement les 60.000 euros obtenus dans "Qui veut être mon associé"

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Arpès avoir séduit les cinq investisseurs de l'émission de M6, Hubert Motte a annoncé qu'il refuse finalement les 60.000 euros proposés pour "continuer à grandir à échelle humaine".

Créer une startup rentable, capable de produire des accessoires de mode à prix raisonnable à partir de produits recyclés et en créant de l'emploi dans des ateliers solidaires. Une utopie? Pas vraiment. C'est ce qu'a réussi Hubert Motte avec "La Vie est Belt". Lors de l'émission de M6, "Qui veut être mon associé", il a obtenu une offre de 60.000 euros de trois investisseurs qu'il a refusé quelques heures plus tard en expliquant qu'il préfère rester indépendant.

Cette startup crée des ceintures à partir de pneus de vélos recyclés dans des ateliers solidaires du Nord qui emploient des personnes en situation de handicap. Créé en 2017 avec une mise de départ de 300 euros, la startup lilloise a réussi l'exploit de séduire les cinq investisseurs de l'émission "Qui Veut Être Mon Associé".

Après avoir présenté son entreprise et ses valeurs, Frédéric Mazzella (BlaBlaCar), Marc Vanhove (Bistrot régent) et Catherine Barba (Cashstore, Malinea) acceptent de prendre chacun 3% du capital pour un totale de 60.000 euros. Marc Simoncini, fondateur de Meetic et d'une startup produisant des vélos électriques, lui propose une forme de partenariat. Delphine André, patronne de GCA, une multinationale de transport, propose de le fournir gratuitement en pneus de camions. Le jackpot dont tous les jeunes entrepreneurs rêvent.

"Grandir à échelle humaine"

Dès le lendemain, le rêve se brise. Pas celui d'Hubert Motte, mais des quatre entrepreneurs français. Dans un message publié sur son compte Facebook, le jeune lillois s'explique dans un long message.

"Nous souhaitons en effet continuer à grandir à échelle humaine. Nous mesurons notre chance d’être indépendant, et souhaitons le rester", dit Hubert Motte qui n'évoque pas les offres de partenariats de Marc Simoncini et les dons de Delphine André.

En venant présenter sa startup, le fondateur de La vie est Belt, disait pourtant chercher des financement et se disait prêt à céder 5% de son capital. Hubert Motte disait également être à la recherche de conseils et de réseau pour donner un coup d'accélérateur à son entreprise.

Un coup de com' magistral

En a-t-il vraiment besoin? Pas sur. En deux ans, elle a recyclé plus d'1,5 tonne de caoutchouc et vendu 6000 ceintures. En 2018, soit un an après sa création, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 101.000 euros. En 2019, il passe à 250.000 euros. Les ventes se font à 2/3 en ligne sur son site et 1/3 via des revendeurs. Récemment, il a signé un contrat avec la chaîne de prêt à porter Jules pour distribuer ses produits dans ses 500 magasins en France.

En refusant ces offres, Hubert Motte a gagné plus. Son pitch diffusé mercredi soir, puis le revirement annoncé sur Facebook dès jeudi matin ont été un coup de communication magistral, sans dépenser un centime et sans passer par une agence. 

"Cette expérience M6 fut incroyable du tournage à sa diffusion", reconnait Hubert Motte. "Vous étiez plus de 400 000 à vouloir vous connecter sur notre site mardi soir … 💥. Nous avons enfin rétabli les serveurs et faisons maintenant de notre mieux pour répondre à toutes vos sollicitations et expédier vos commandes au plus vite", a-t-il annoncé dans son communiqué en disant à ces clients, "VOUS êtes nos uniques investisseurs!". 
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco