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Pour sauver les libraires en difficulté, leur syndicat demande des subventions

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- - Pexels2013- Pixabay CC

Le Syndicat de la librairie française souhaite trouver les moyens de répondre au cas par cas aux demandes des librairies en difficulté. Pour les plus jeunes d'entre elles ou pour celles qui sont très endettées, un complément de subvention sera la seule solution, estime le syndicat.

"Il faut un fonds commun d'aide à la librairie", a souhaité le président du Syndicat de la librairie française (SLF), Xavier Moni, dans un entretien publié vendredi sur le site de Livres Hebdo alors que les librairies ont cessé toute activité depuis près d'un mois à cause du confinement.

Même dans l'hypothèse d'une réouverture des librairies en juin, "nous ne pouvons pas espérer retrouver un chiffre d'affaires proche de notre étiage habituel avant septembre", a estimé Xavier Moni, lui-même gérant d'une librairie à Paris. "Nous ne retrouverons pas en fin d'année le chiffre que nous perdons en ce moment", a-t-il souligné.

Tout dépend de la durée du confinement

Interrogé sur le risque d'une "vague de faillites" dans le secteur, le président du SLF a indiqué que tout dépendra de la durée du confinement.

"Si la situation sanitaire s'améliore rapidement, et qu'elle est suivie d'une reprise, nous trouverons les moyens d'éviter une catastrophe car nous avons des cartes en mains, une filière qui a des intérêts communs, au sein de laquelle nous dépendons les uns des autres. En revanche, si la crise sanitaire dure longtemps et est suivie par une grave récession, ce sera plus difficile".

Pour faire face aux difficultés engendrées par l'épidémie de Covid-19, Xavier Moni souhaite "qu'une bonne part des aides (prévues pour les librairies indépendantes) soient des subventions".

"Nous ne sommes pas un secteur très subventionné et, pour une certain nombre de librairies jeunes, reprises récemment ou très endettées, un complément de subvention sera la seule solution", a-t-il argumenté avant de souligner que "l'immense majorité des libraires ne pourront pas couvrir deux ou trois mois de pertes d'exploitation sur leurs fonds propres".

"Je sais que nous ne décrocherons pas 100 millions d'euros pour la librairie. Mais je souhaite qu'on trouve simplement les moyens de répondre au cas par cas aux demandes des librairies en difficulté", a-t-il dit.

Envisageant l'hypothèse de la reprise, le président du SLF a souhaité que, pour leur part, les éditeurs aient la sagesse de resserrer leur programme de parutions.

"Nous ne savons pas du tout de quoi les lecteurs auront envie en sortant du confinement. Mais nous ne pourrons pas faire entrer dans nos librairies autant de titres que l'an dernier, tout en ayant besoin de titres à potentiel pour relancer la machine", a-t-il indiqué.

Alors que certains libraires plaidaient pour garder leur librairie partiellement ouverte, Xavier Moni a justifié le choix du SLF d'imposer la fermeture des librairies indépendantes. "Le livre est un produit de première nécessité, mais ce n'est tout de même pas un produit vital", a-t-il estimé.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait évoqué mi-mars la possibilité de rouvrir les librairies, les considérant au passage comme "un commerce de première nécessité". "Lorsque Bruno Le Maire s'est exprimé, je me suis demandé si nous pouvions revendiquer d'ouvrir nos librairies dans la situation sanitaire que connaissait le pays. Ce n'était pas légitime", a tranché Xavier Moni.

C.C. avec AFP