BFM Business

Pour le PDG de Système U, "il faut poser la question du prix responsable"

Serge Papin appelle à favoriser "le prix responsable"

Serge Papin appelle à favoriser "le prix responsable" - BFM Business

Invité de BFM Business ce mercredi 1er mars alors que les négociations annuelles entre les distributeurs et les fournisseurs sont proches de leur fin, Serge Papin appelle à changer le cadre législatif qui risque de "détruire la filière agricole".

C'est une édition 2017 sous haute tension pour le Salon de l'agriculture. Outre l'habituel défilé des politiques, qui à l'approche de la présidentielle revêt une importance particulière, les négociations annuelles entre distributeurs et fournisseurs viennent en effet animer cet événement.

Invité de BFM Business ce mercredi 1er mars, le PDG de Système U, Serge Papin, a estimé sur ce point que le "salon cristallise les choses" alors que les négociations "doivent être clôturées ce soir", considère-t-il.

Serge Papin en a profité pour critiquer le cadre législatif de ces négociations: "On est rendu au bout d'un modèle", a-t-il considéré.

La LME en question

Dans son viseur, la fameuse LME (loi de modernisation de l'Économie) de 2008 qui régit les relations fournisseurs-distributeurs. Cette loi "a été mise en place pour que les prix baissent, pour juguler l'inflation et rendre du pouvoir d'achat. Mission accomplie: si on regarde les chiffres de l'IRI-Secodip, en 2015 ce sont 36 euros par ménage de pouvoir d'achat qui ont été rendus; soit 1 milliard d'euros au total", explique-t-il.

Mais pour le PDG de Système U, ces baisses de prix ont atteint leur limite. Elles sont même dangereuses. "Si on demande à l'alimentation d'être la variable d'ajustement de tous les autres budgets des ménages qui augmentent (énergie, internet, logement) et que l'on continue à détruire de la valeur au motif du prix, on va détruire la filière agricole", alerte-t-il.

"Il faut se poser la question du prix responsable et pas seulement du prix à tout prix, pour tenir compte de tous les acteurs de la filière", insiste-t-il. Et Serge Papin de réaffirmer qu'il faut, dans ce but, "une nouvelle loi". Car actuellement "c'est comme si vous laissiez un match de foot sans arbitre, c'est le pugilat".

J.M.