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Plus de grandes surfaces pour faire baisser les prix ?

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Nicolas Sarkozy présente mardi la loi de modernisation de l’économie, qui modifie la négociabilité des prix et l’implantation des grandes surfaces.

Nicolas Sarkozy est à Vienne, en Isère, ce mardi, avec pour thème de son déplacement la loi de modernisation de l'économie (LME). Celle-ci contient des sujets sensibles, y compris dans sa propre majorité, notamment l'implantation facilitée de nouvelles grandes surfaces et la libre négociation des prix entre distributeurs et industriels.

Des mesures qui, à terme, doivent faire baisser les prix car le Président compte sur la concurrence pour améliorer le pouvoir d'achat. Les députés de la majorité les plus sceptiques craignent pour l'avenir des petits commerçants.

Les deux dispositions qui font tousser certains parlementaires UMP sont les suivantes : la libre négociation des tarifs entre distributeurs et industriels et le fait de porter de 300 à 1000m2 le seuil à partir duquel un commerce peut s'implanter librement.

« Tu payes ou tu meurs »

Jean-Paul Charié, député UMP du Loiret et rapporteur du texte, compte convaincre ses collègues sceptiques et répond députés qui craignent que les dispositions qui libèrent la concurrence tuent en fait les petits commerces et les fournisseurs modestes : « Ils ont tout à fait raison de s'en préoccuper car ce sont les pratiques actuelles. Aujourd'hui, c'est « tu payes ou tu meurs », « si tu ne me fais pas le prix que je veux tu me fasses, je te vire ». Donc nous allons être très vigilants : nous allons certes libérer les négociabilités mais nous allons être très exigeants contre les pratiques déloyales. Négocier, ce n'est pas étrangler. Il faut qu'il y ait un juste équilibre des engagements et des devoirs ».

Des petits commerces « mangés » ?

Mais l'idée passe mal sur le terrain, auprès des commerçants des centre-villes et des petits fournisseurs qui craignent tout simplement d'être "mangés" par les grandes surfaces. Christian Jacob, député UMP de Seine et Marne, fait parti de ces sceptiques et il fait une proposition pour encadrer l'implantation des grandes surfaces : « Je propose qu'entre 300 et 1 000 m², on laisse les conseils municipaux décider. C'est un pouvoir du maire d'organiser l'urbanisme commercial. Il pourra ainsi avoir un débat au conseil municipal avec les différents acteurs économiques ».

Pour Michel Raison, député UMP de Haute-Saone, « en caricaturant, le fournisseur vient avec un prix de 100, le distributeur lui dit « moi, je te l'achète 50, parce que j'ai 3 000 points de vente, parce que je le mettrai en tête de gondole, etc... ». Le fournisseur repart chez un autre distributeur, qui lui dit « de toute façon, tu ne peux pas me le faire plus de 50 car tu l'as fait 50 à l'autre ». Ca ne peut pas fonctionner comme ça. Il faut qu'il y ait un écrit, pour qu'il puisse expliquer cette différence de prix à l'autre ».

La rédaction et Annabel Roger