BFM Business

Pertes d'exploitation: le restaurateur Stéphane Manigold trouve un accord à l'amiable avec Axa

-

- - JOEL SAGET - AFP

Le restaurateur avait obtenu une victoire judiciaire en référé contre son assureur, qui refusait d'indemniser ses pertes d'exploitation liées au confinement.

Le restaurateur parisien Stéphane Manigold et son assureur Axa ont annoncé mardi avoir trouvé un accord, mettant un terme à un différend très médiatisé concernant l'indemnisation des pertes d'exploitation liées à la crise sanitaire.

"On a ouvert le dialogue, on a discuté et on a transigé", a déclaré à l'AFP Stéphane Manigold. Les deux parties ont refusé de dévoiler le détail de la transaction mais ont abandonné les procédures.

"On se réjouit d'avoir trouvé un accord avec Stéphane Manigold", a affirmé à l'AFP le directeur de la communication d'Axa France, Éric Lemaire. "Depuis bien longtemps maintenant on lui avait proposé de venir à la table des discussions".

"Nous avons gagné"

A l'issue d'une procédure d'urgence en référé (une procédure d'urgence qui ne juge pas sur le fond) fin mai, le tribunal de commerce de Paris avait donné raison au restaurateur, qui estimait qu'Axa se soustrayait à ses obligations concernant les quatre établissements qu'il dirige à Paris.

"C'est un grand moment pour tous les petits et les grands patrons qui souffrent", avait alors déclaré le restaurateur. "Nous avons affronté une multinationale, et nous avons gagné".

Il avait souscrit un contrat qui prévoyait l'indemnisation de ses pertes d'exploitation en cas de fermeture administrative et demandait donc à en bénéficier dans le cadre de la fermeture générale des restaurants à partir de la mi-mars face à la crise du coronavirus.

L'assureur refusait, estimant que le contrat concernait la fermeture isolée d'un restaurant par les autorités, et non une mesure d'ordre général comme celle décidée face à la pandémie.

600 accords avec des restaurateurs 

L'assureur avait été condamné à payer deux mois et demi de perte d'exploitation calculée sur la marge brute du restaurant.

"J'ai estimé leur offre suffisante parce qu'on a rouvert au bout de trois mois", a tempéré Stéphane Manigold. "Elle n'est pas à la hauteur de ce que j'attendais, soyons clairs, mais maintenant que le déconfinement est là, il faut s'occuper de nos clients".

Environ 1.700 restaurateurs disposent du même contrat que Stéphane Manigold. "On a vraiment tout fait pour rentrer en discussions avec tous ceux qui le demandaient", a déclaré Éric Lemaire, "et on a déjà 600 accords avec des restaurateurs qui semblent aussi satisfaits."

TL avec l'AFP