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Paris peut-elle devenir la capitale de la bière artisanale française?

La dernière brasserie parisienne est la Beer Fabrique qui a ouvert en septembre. Elle vend ses bières et propose aux clients de faire les leurs à la maison.

La dernière brasserie parisienne est la Beer Fabrique qui a ouvert en septembre. Elle vend ses bières et propose aux clients de faire les leurs à la maison. - Beer Fabrique

En France, on compte déjà près d’un millier de brasseurs artisanaux qui vendent leur production, enseignent comment brasser et vendent le nécessaire pour faire de la bière chez soi. L’Île-de-France est en retard par rapport aux autres régions, mais à raison de deux ouvertures par semaine, elle avance vite.

Alors que l’industrie de la bière mène ses grandes manœuvres mondiales, une tendance très locale s’impose fermement: celle des brasseries artisanales qui représenteraient déjà en France 3% de la consommation de bières. Il existe même depuis 6 ans un festival de la bière artisanale à Aurignac (Haute-Garonne ) – la dernière édition a eu lieu début octobre - qui attire les passionnés et les artisans de toute la France.

Cette activité a d’abord progressé discrètement par le bouche-à-oreille. Mais ce qui a surtout fait le succès des brasseurs du dimanche est la bière sur mesure et à la demande qui permet au client de déguster un breuvage qu’il a lui-même composé à partir d’ingrédients classiques ou plus originaux.

Et sur ce marché, l’Île-de-France tire bien son épingle du jeu grâce à un événement qui a eu un effet certain dans le monde de la cervoise. Il y a tout juste un an, la Thawack de Frog Beer est arrivée en tête des bières brunes dans le classement mondial du World Beer Awards. So what? Hormis son nom, Frog Beer n’a rien d’anglo-saxon. C’est une brasserie francilienne basée à Saint-Denis (93) qui depuis 1993 assoit sa popularité auprès des amateurs qui veulent brasser eux-mêmes. Aujourd’hui, elles sont quelques unes dans la région à proposer ce service en parallèle des brasseries artisanales comme La Montreuilloise, La Parisienne, la Brasserie de la Goutte d’Or ou encore celle du Grand Paris.

Faire soi-même sa bière à la maison

Les clients sont souvent ravis et parfois étonnés du résultat. "Il y a eu une erreur de dosage entre ce que je voulais et ce qui a été fait", nous a expliqué Alexandre, un fidèle client d’une brasserie artisanale du 2e arrondissement. "Mais en la goûtant, j’ai découvert un goût inhabituel qui m’a plu". Autre expérience, celle d’Ivan qui a voulu créer une bière ambrée au goût puissant. "Personnellement, je l’aime bien, mais vu le stock qu’il me reste après plusieurs soirées, je pense être le seul", admet l’apprenti brasseur. Et pour conserver une trace de ces expériences, les brasseries conservent généralement un exemplaire des bières créées par les clients.

Le dernier lieu en date a ouvert mi-septembre dans le 11e arrondissement. C’est la Beer Fabrique qui a été créée par Manuel Delaune et Martin Pellet, deux anciens de l’Essec, et qui propose un concept inédit. En plus de pouvoir y boire une bière locale ou de brasser la sienne après une formation, ce nouvel estaminet vend aussi des kits pour brasser à la maison. "C’est une tendance qui démarre en France, mais aux États-Unis, c’est un véritable marché avec environ un million de personnes qui produisent chez eux leur propre bière", indique Martin Pellet. Autant de clients perdus pour longtemps par les industriels de la canette.

Alors l’Île-de-France pourra-t-elle un jour trôner sur le podium de la bière artisanale française? Pas encore. Pour le moment, c’est la région Rhône-Alpes qui domine avec 120 brasseries, suivie par la Bretagne et les Hauts de France, ex aequo avec 80 sites quand il y en a moins d’une vingtaine en Île-de-France. "Et pourtant, c’est une activité historique, il y en avait 70 dans Paris au XIXe siècle et 3.500 dans toute la France", indique le jeune brasseur pour qui le marché francilien est encore loin d'être saturé.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco