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Opération vérité sur la hausse des prix depuis 30 ans

En 30 ans, le budget consacré à l'alimentation a reculé.

En 30 ans, le budget consacré à l'alimentation a reculé. - Marcel Moché - AFP

L'UFC-Que choisir a comparé l'évolution des prix des biens de consommation depuis 30 ans, en prenant comme unité de mesure le temps de travail nécessaire à leur achat. En 1984, il fallait travailler 3 minutes pour acheter une baguette, tout comme en 2014.

Les consommateurs ont toujours l'impression que tout augmente au fil des ans. A tort ou à raison. L'UFC-Que Choisir a eu la bonne idée de comparer les prix d'une quinzaine de biens, entre ceux pratiqués en 1984 et ceux en 2014. Et plutôt que d'établir des statistiques à partir de l'inflation et du taux de conversion entre le franc et l'euro, les comparaisons se font en tenant compte du temps de travail nécessaire pour faire l'acquisition de ce bien (1), ce qui donne une véritable idée de l'évolution du pouvoir d'achat sur les 30 dernières années.

Premier enseignement : les prix de l'alimentaire ont peu évolué. Il fallait travailler 3 minutes pour gagner de quoi s'offrir une baguette de pain en 1984, soit autant qu'en 2014. De même, un poulet coûtait 27 minutes du salaire moyen il y a 30 ans contre 30 minutes de nos jours.

En revanche, les dépenses consacrées au logement ont vu leur poids augmenter. Les Parisiens sont en première ligne : alors qu'il fallait 13,3 années de salaire pour devenir propriétaire d'un 75M2 dans la capitale, il faut désormais 23,5 années pour obtenir les clés de ce même logement.

Emménager dans une maison devient aussi un rêve de plus en plus inaccessible. Pour un pavillon de 120M2, il fallait investir 5,3 années de salaire en 1984. En 2014, il faut y consacrer l'équivalent de 9,3 années de salaire.

Les coquettes en sont aussi pour leurs frais : un tube de rouge à lèvre de marque Lancôme valait 1h02 de salaire moyen il y a 3 décennies, pour 1h42 actuellement.

Du côté des baisses des prix, c'est dans le domaine des biens d'équipements qu'elles sont les plus spectaculaires. Un réfrigérateur ne vaut plus que 6 jours de travail, contre 14 jours en 1984. Idem pour le téléviseur.

Quant aux sportifs, leur pouvoir d'achat a été multiplié par deux : ils doivent consacrer 1 heure de salaire pour s'offrir une paire de baskets, contre 2 heures il y a 30 ans. Autre exemple, une raquette de tennis vaut de nos jours 6 heures de salaire, contre 15 heures auparavant.

Cette étude bat aussi en brèche une idée reçue concernant la hausse du prix des carburants : faire son plein grève moins le budget des automobilistes qu'il y a 30 ans, et ce sans tenir compte des améliorations sur la consommation. En effet, 1 litre d'essence vaut 5 minutes du salaire moyen contre 8 minutes en 1984.

(1) L'UFC-Que Choisir a établi ses calculs à partir d'un salaire moyen net horaire de 45,20 francs (soit 6,89 euros) en 1984 et de 16,18 euros en 2014.

Crédit image : UFC-Que choisir

Coralie Cathelinais