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Oeufs contaminés: des résidus d'un nouvel insecticide recherchés en France

Des traces d'amitraze recherchés dans les oeufs

Des traces d'amitraze recherchés dans les oeufs - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Après le fipronil, le ministère de l'Agriculture a annoncé rechercher dans les oeufs des traces d'amitraze, un autre insecticide "modérément toxique" utilisé dans certains élevages français.

L'Hexagone est finalement concerné. Le ministère de l'Agriculture a indiqué ce vendredi que certains élevages français de poules pondeuses avaient utilisé de l'amitraze et annoncé rechercher en conséquence dans les oeufs des résidus de cet insecticide interdit pour les élevages de volailles.

Le gouvernement néerlandais a révélé mercredi qu'un deuxième insecticide "modérément toxique" avait été utilisé par Chickfriend, le prestataire de services incriminé dans l'affaire du fipronil. Le gouvernement français a donc demandé à l'Anses "d'évaluer le risque sanitaire éventuel que présenterait la présence de tels résidus dans les oeufs".

Plus de 520 autocontrôles effectués par les entreprises françaises

Les services du ministère expliquent mettre "à profit ces opérations de recherche de l'utilisation éventuelle de fipronil pour dresser plus largement un état des lieux des pratiques en matière de traitements contre le pou rouge". "Certaines de ces pratiques font actuellement l'objet d'investigations complémentaires, en particulier l'usage de produits à base d'amitraze, constaté dans quelques élevages, en dehors des modes d'utilisation autorisés", poursuit le ministère, qui précise qu'"une recherche de résidus de cette substance dans les oeufs des élevages concernés est en cours".

Par ailleurs, à ce jour, "plus de 520 autocontrôles ont été effectués par les entreprises françaises, essentiellement par la quinzaine d'entre elles les plus concernées par le risque de contamination par du fipronil", indique le ministère, qui rappelle que "34 autocontrôles se sont révélés positifs, entraînant le retrait de la vente des denrées contaminées".

"Parallèlement, les contrôles officiels se poursuivent dans les centres de conditionnement, les établissements de transformation et chez les grossistes français identifiés comme destinataires d'oeufs ou d'ovoproduits contaminés en provenance de Belgique et des Pays-Bas", poursuit le ministère.

Vastes plans de contrôle à venir

Par ailleurs, "la direction générale de l'Alimentation (DGAL) et la direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) ont demandé aux DDPP (directions départementales de la protection des populations) de réaliser des plans de contrôle représentant plus de 750 prélèvements d'oeufs ou d'ovoproduits dans les prochaines semaines", indique le communiqué. Ces prélèvements seront effectués dans des points de vente (surveillance aléatoire) mais également dans les entreprises ayant reçu des produits suspects (contrôles ciblés), indique le ministère.

Au niveau européen, le ministère indique que la Commission a convoqué à Bruxelles un comité d'experts pour le 30 août. Contrairement au fipronil, dont l'usage est interdit dans les productions animales, l'amitraze est autorisé comme médicament vétérinaire pour le traitement antiparasitaire des ruminants, porcs et abeilles, rappelle le ministère. En revanche, "il n'a pas d'autorisation de mise sur le marché pour la filière volailles, que ce soit en traitement sur les animaux ou pour la désinfection des bâtiments d'élevage vides, car aucun dossier de demande n'a été déposé auprès de la Commission européenne".

P.L avec AFP