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Nestlé: un vaste projet de réorganisation inquiète les syndicats

Nestlé prévoit une réorganisation.

Nestlé prévoit une réorganisation. - FABRICE COFFRINI / AFP

Le groupe suisse prévoit une réorganisation de l'ensemble de ses métiers en France. Les syndicats restent dans le flou mais craignent notamment la "suppression ou le transfert de centaines d'emplois".

C'est un suspense insoutenable qui attend les salariés du groupe Nestlé. Le géant de l'agroalimentaire prévoit de réorganiser l'ensemble de ses métiers en France, sans préciser pour l'heure les conséquences en matière d'emploi, a appris l'AFP mardi de sources syndicales, confirmant partiellement une information du quotidien Les Echos

Le groupe suisse veut "mettre à plat tous les processus de gestion des entreprises de Nestlé en France", dans le cadre d'un "projet mondial dont l'ampleur a stupéfié les organisations syndicales", écrit la CGT dans un tract publié début janvier. "Tous les métiers sont concernés", que ce soit les fonctions support (ressources humaines, finances, marketing...) comme, dans une moindre mesure, la production ou encore la recherche, indique mardi à l'AFP le délégué central CGT de Nestlé-France, Patrick Fernand.

La direction informera les représentants du personnel en avril ou mai sur les conséquences sociales du projet, qui touche l'ensemble des pays où Nestlé est implanté, selon lui. Mais déjà, Patrick Fernand dit redouter la suppression ou le transfert de "centaines d'emplois", avec Nestlé-France qui devrait "payer le plus lourd tribut". 

"Inquiétude forte"

Numéro 1 mondial de l'agroalimentaire, Nestlé emploie 13.000 personnes dans l'Hexagone à travers ses différentes entités (Purina, Herta, Waters, Nespresso...). À l'intérieur de ce périmètre, Nestlé-France SAS compte environ 3.000 employés, dont moins d'un millier travaille au siège, selon une source syndicale.

La CGT met en garde contre des "mutations forcées et départs en retraite non souhaités", alors qu'une réorganisation est déjà en cours chez Nestlé-France. Contactée par l'AFP, la direction du groupe en France s'est refusée à tout commentaire.

La volonté de l'entreprise est "d'homogénéiser et d'externaliser" ses fonctions support principalement par le biais de "Nestlé in the Market" (NiM), "une grosse superstructure qui engloberait tout", explique à l'AFP Vanessa Cotton, déléguée du personnel. Elle fait part d'une "inquiétude forte" car "l'entreprise affiche sa volonté d'aller vite". La CGT évoque des négociations sur les mesures d'accompagnement au départ "jusqu'en septembre" pour un projet qui doit être "bouclé" en fin d'année.

Des précisions d'ici le mois d'avril

D'ici avril, la direction étudiera chaque métier pour voir ce qui peut être "simplifié, standardisé ou délocalisé", résume Patrick Fernand. Ensuite, elle présentera "ses conclusions" avec les "impacts sociaux" qui en découlent, selon le délégué CGT.

La réorganisation des services en France fait partie d'un plan mondial intitulé Nestlé Business Excellence (NBE). Il doit permettre à Nestlé, selon la présentation faite l'été dernier aux investisseurs, de réaliser des gains "en temps et efficacité, rapidité et agilité, qualité et conformité, engagement du personnel et rentabilité". Nestlé compte en France 22 sites industriels et 5 centres de recherche, selon son site internet.

P.L avec AFP