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Michel-Édouard Leclerc prêt à "des prix de crise" sur certains produits

Michel-Édouard Leclerc

Michel-Édouard Leclerc - Jean-Sébastien Évrard - AFP

Le patron de la chaîne d'hypermarchés cite le prix du porc ou du lait comme exemple. Michel-Édouard Leclerc se dit également prêt à participer à un fonds de soutien pour aider les agriculteurs en difficulté.

Michel-Édouard Leclerc, patron de la chaîne d'hypers et supermarchés, s'est dit mercredi prêt à accepter la fixation de "prix de crise" sur certains produits comme le porc ou le lait, afin de soutenir les agriculteurs.

"Nous pouvons accepter que sur certains produits agricoles", comme le porc ou le lait, "on puisse fixer des prix de crise et s'y tenir pour donner de la visibilité aux agriculteurs", a-t-il expliqué. 

Mais pour cela, "il faudra en parallèle revoir certains aspects du droit de la concurrence européenne", a-t-il souligné lors d'auditions à l'Assemblée nationale dans le cadre des États généraux de l'alimentation.

"Faire attention" au pouvoir d'achat

Michel-Édouard Leclerc a également dit ne "pas être contre" une modification de la loi encadrant les négociations entre industriels et distributeurs - réclamée par certains syndicats agricoles - mais il demande une "étude d'impact préalable" sur les conséquences.

"S'il faut passer par une modification de la loi, pas de problème, mais il faudra l'assumer. Si on augmente les prix de manière brutale, il faut faire attention, car le pouvoir d'achat lui n'augmentera pas", a-t-il dit.

"On ne me fera pas avaler que d'augmenter le prix du Nutella ou de la Volvic de 15%, ça va permettre d'augmenter le revenu des agriculteurs", a-t-il ajouté. Michel-Édouard Leclerc se dit également prêt à participer à un fonds de soutien pour aider les producteurs en difficulté.

Un fonds de soutien en préparation

"Les centres Leclerc sont prêts à participer à un fonds de soutien et à des mécanismes de solidarité pour aider prioritairement ceux qui sont dans la détresse" et plus largement à "moderniser l'agriculture".

"Mais ce ne sont que des solutions provisoires" qui ne doivent pas empêcher de réfléchir "aux problèmes de fond" que traverse l'agriculture française, dans un contexte de dérégulation des marchés internationaux ou d'un productivisme à outrance.

Le distributeur plaide pour la mise en place de "solutions pragmatiques de long terme" pour recréer de la valeur, "par exemple en créant des interprofessions auxquelles sera intégrée la grande distribution".

"Trouvons une forme de partenariat plutôt que de s'écharper entre nous", a-t-il plaidé.

Concernant la proposition de la présidente de la FNSEA d'encadrer les promotions, "il faut s'assurer qu'il y a bien une unanimité d'opinion sur ce point côté producteurs", car les promotions leur servent également à écouler leurs stocks, a expliqué Michel-Édouard Leclerc.

J.M. avec AFP