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Ménage de printemps: pourquoi ne jette-t-on rien?

C'est bientôt l'heure du "grand ménage de printemps". Si certaines astuces permettent de gagner de la place dans les placards, le vrai problème reste l'accumulation d'objets dont on ne parvient pas à se débarrasser.

Chaussettes orphelines, chaussures passées de mode, pots de yaourts en verre vides ou piles de magazines: chaque mois, chaque année, les affaires s'entassent dans les foyers, sans que l'on ne s'en débarrasse forcément.

A l'approche du "grand ménage de printemps", il est utile de rappeler quelques astuces de rangement. Pour les tiroirs il est par exemple pratique d'avoir des séparateurs, qui permettent de trier et gagner du temps quand on cherche quelque chose.

Dans la salle de bains, avoir des petits bacs permet de séparer les produits en fonction de leur catégorie, ou de qui les utilise. Rien ne sert non plus d'accumuler des cosmétiques pendant trois ans, jusqu'à ce qu'ils sèchent ou changent de couleur. Un logo représentant une boîte ronde avec "6M", "12M" ou "24M" permet de vite repérer le nombre de mois qu'on peut les conserver.

Une autre solution, pour les affaires plus encombrantes dont on ne veut pas se débarrasser, est le stockage dans un lieu extérieur.

Envoyer ses affaires dans des bâtiments de stockage

"Le client n'a jamais besoin de se déplacer pour pouvoir récupérer ses biens ou mettre ses biens en stockage, et avoir un inventaire en ligne qui lui permet d'avoir une visibilité parfaite de son stock", explique à BFMTV Alexis Bouresche, co-fondateur de YouStock.

L'entreprise met à disposition de ses clients des boîtes, dans lesquelles sont stockées les affaires, et les transportent ensuite vers un lieu de stockage. Le coût varie entre quatre et huit euros par mois par boîte, en fonction de la taille de celle-ci.

Loin des yeux, loin du coeur. Pour Guillemette Faure, journaliste au M, le magazine du Monde, et auteure de Ça peut toujours servir, stocker ses affaires ailleurs est une fausse solution.

"Avec ces caisses qui partent dans des bâtiments de stockage, on se fait croire qu'on a plus de place qu'on en a, du coup on évite la question de 'qu'est-ce qu'on va garder, qu'est-ce qu'on ne va pas garder?'", relève-t-elle sur BFMTV.

Pour la journaliste, garder compulsivement tout ce qu'on achète est "un peu darwinien".

"D'un point de vue évolutionniste, celui qui survit c'est toujours celui qui a le plus gardé, pour les animaux c'est pareil", avance-t-elle. "Les écureuils gardent leurs coquilles, sauf qu'ils ne gardent pas des pots de yaourts la Laitière en se faisant croire qu'ils vont faire des photophores pour Noël."

"Si on repasse demain au Nokia de 1994, on a tous nos chargeurs"

"Dans toutes les familles en France aujourd'hui, vous avez un tiroir de chargeurs. Comme ça si on repasse demain au Nokia de 1994, on a tous nos chargeurs", plaisante-t-elle.

"Quand quelque chose ne fonctionne pas, plutôt que de reconnaître que quelque chose ne fonctionne pas (...) on les garde quand même, parce qu'on a du mal à accepter (...) qu'on a fait des mauvais achats, qu'on s'est trompés dans la taille de nos chaussures ou qu'on ne rentrera plus dans nos vêtements, donc on garde tout ça", explique Guillemette Faure.

Et plus on est nombreux, plus la responsabilité de jeter est diluée.

"Dans toutes les familles, il y a la télécommande qui ne sert à rien", illustre la journaliste. "Comme vous n'êtes pas sûr qu'elle ne sert pas à quelqu'un d'autre, il reste toujours la télécommande qui ne sert à rien, comme le crayon qui n'écrit plus, mais qu'on repose dans le pot à crayons pour la personne suivante."

Liv Audigane, avec Christophe Napoli et Justine Fontaine