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Lidl France répond à Élise Lucet

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La direction française du distributeur allemand répond point par point à la mise en cause de son management par l'émission Cash Investigation. Celle-ci a établi son record d'audience historique mardi soir tandis que des salariés d'un entrepôt régional ont débrayé partiellement.

Lidl France avait promis sur Twitter de réagir à sa mise en cause pendant l'émission "Cash investigation" et sa direction a tenu parole. Dans ce reportage de plus d'une heure, diffusé mardi soir 26 septembre, le magazine d'Élise Lucet dénonçait des méthodes de management parfois abruptes ainsi qu'une déshumanisation des relations de travail, liées aux cadences élevées exigées dans les magasins comme dans les entrepôts.

Alors que cette émission a battu hier son record d'audience avec plus de 3,8 millions de téléspectateurs en moyenne, le distributeur allemand commence par battre sa coulpe, avant de répondre point par point à sa mise en cause.

"Nous avons été très sensibles aux témoignages et aux situations décrites dans le reportage et sommes conscients que dans une entreprise de notre taille, certains salariés peuvent rencontrer des difficultés dans leur travail et que nous devons encore progresser dans l’écoute et la prise en compte de leurs attentes" explique un communiqué de la direction.

Lidl France ajoute que les extraits d'enregistrements, "dévoilés dans l’émission sont inacceptables et nous les condamnons sans aucune ambiguïté". On y entendait un manager rudoyer sans ménagement un chef de magasin, menaces et harcèlement à la clé. Le distributeur précise "qu'à travers une récente enquête auprès de nos salariés, nous constatons que la perception du management au sein de notre entreprise s’améliore".

Mis en cause pour la mise en place d'un système de commande vocale utilisé pour cadencer le travail des employés d'entrepôt, la réponse fuse: "Nous y avons apporté des améliorations en prenant en compte les remarques de nos collaborateurs. Nous utilisons cet outil pour améliorer la qualité de la préparation. En revanche, nous n’avons pas constaté d’amélioration de la productivité".

Lidl France travaille à la baisse du poids des colis dans ses entrepôts

Sur la question du poids démesuré (jusqu'à 8 tonnes quotidiennes, selon l'émission) porté par les préparateurs de commandes, "nous continuerons à redoubler d’efforts pour améliorer le travail de nos préparateurs grâce à nos investissements au niveau matériels et équipements, la formation liée aux gestes et postures et nous travaillons à la baisse progressive du poids des colis" se justifie le distributeur allemand..

Enfin Lidl France revient sur le suicide de l'un de ses salariés sur son lieu de travail: "Nous collaborons activement à l’enquête en cours et nous espérons qu’elle permettra d’en éclaircir les circonstances exactes. Nous devons, dans l’intervalle, nous en tenir à un devoir de réserve".

En dépit de cette mise au point, les révélations de Cash Investigation ont provoqué des vagues en interne. Des salariés du site d'entreposage du Rousset (Bouches-du-Rhône) ont débrayé, au lendemain de la diffusion du magazine d'enquête, pour réclamer de meilleures conditions de travail (cf encadré, ci-dessous).

Un entrepôt de Lidl perturbé par une grève au lendemain de Cash Investigation

Des salariés d'un entrepôt de Lidl, étaient en grève mercredi 27 septembre pour dénoncer leurs conditions de travail et le licenciement, selon eux abusif, de l'un de leurs collègues, a-t-on appris de sources syndicales. Environ 50 salariés sont en grève, selon Christophe Polichetti, délégué syndical et secrétaire général de la CGT Lidl Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Au Rousset (Bouches-du-Rhône), les salariés réclament "un changement des pratiques de management", l'arrêt "des menaces et des grossièretés" de la part de l'encadrement, et des avancées sur la façon dont sont décidés les plannings, a notamment détaillé ce syndicaliste.

Les syndicats du Rousset (CGT, CFDT, UNSA et Sud) réclament par ailleurs la réintégration d'un collègue, licencié selon eux pour "faute grave" après avoir quitté son poste 17 minutes avant l'heure. "Il avait prévenu ses supérieurs et on lui reproche d'avoir prêté son badge à un intérimaire, qui sans cela, ne pouvait pas aller travailler", a relaté le syndicaliste CGT.

"C'est une sanction complètement disproportionnée", ajoute le représentant du syndicat UNSA, Frédéric Blanc, qui dénonce les "abus de pouvoir" dans l'entreprise.

BFMBusiness avec AFP

F.Bergé avec AFP