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LGV Paris-Rennes: son bruit insupporte les riverains qui réclament des indemnisations

Plusieurs centaines de riverains du département de la Sarthe, gênés par les nuisances sonores de la ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Rennes, s'apprêtent à saisir la justice pour demander l'indemnisation de leur préjudice.

Depuis la mise en service début juillet 2017 de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Paris-Rennes, les riverains se plaignent des nuisances sonores voire vibratoires. Cette fois-ci, certains s'apprêtent à passer la vitesse supérieure dans la contestation. Ils vont en justice pour demander l'indemnisation de leur préjudice, selon leur avocate Corinne Lepage, l'ex-ministre de l'environnement.

Maisons dépréciées, gîtes désertés, habitants dépressifs... Les riverains se vivent comme les grands "oubliés" de la LGV Bretagne-Pays de la Loire, dont ils subissent le bruit strident et les vibrations, sans en profiter.

"Notre objectif est de faire en sorte que ces indemnités soient tellement élevées que la SNCF ait un intérêt à faire des travaux pour réduire le bruit", a expliqué Me Lepage, qui défend des riverains de la Sarthe. Les plaignants sont encore au stade des expertises immobilières afin d'évaluer la perte de valeur de leur maison depuis l'extension de la ligne LGV, inaugurée en juillet 2017.

De 100 à 120 TGV défilent chaque jour dans la Sarthe

"On va déposer 200 dossiers cette année pour la seule Sarthe", a expliqué Laure Artru, présidente du CRI 72 (collectif de représentation des intérêts de riverains comptant 200 adhérents), qui espère plusieurs centaines d'autres dossiers par la suite. "On est les laissés-pour-compte d'une société qui veut aller vite", estime Laure Artru. "Dans la Sarthe, les riverains voient passer 100 à 120 trains par jours à une vitesse de 320 km/h", souligne-t-elle.

Face à la colère des riverains, Eiffage Rail Express (ERE), gestionnaire de la LGV, avait fait procéder l'an dernier à une série de mesures acoustiques pour vérifier que la réglementation était bien respectée. La plupart des mesures se sont révélées conformes car la réglementation ne prend pas en compte le bruit instantané d'un train, mais seulement une moyenne lissée sur la journée. Même avec une centaine de TGV par jour à 85 décibels chacun, la moyenne journalière est ainsi conforme à la réglementation.

La ministre des Transports Élisabeth Borne avait estimé en juillet 2018 que cette réglementation devait "être revue", car "les règles actuelles ne traduisent pas le ressenti des populations avec une évaluation en bruit moyen qui ne traduit pas les pics qui gênent les riverains".

Frédéric Bergé avec AFP