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Les ventes d'alcool s'envolent en grandes surfaces lors du troisième confinement

La bière, le champagne ou le whisky, délaissés dans les supermarchés lors du premier confinement, font leur grand retour dans les chariots des consommateurs français.

Les pâtes, la farine et le papier toilette avaient été les stars des supermarchés au printemps dernier. Cette année, ce sont… la bière et le champagne. Les ventes d'alcools s'envolent au mois de mars selon la dernière étude mensuelle du cabinet Iri: pour les seuls bières et cidres, le chiffre d'affaires grimpe d'un peu plus de 23% par rapport à l'année précédente 2020, très atypique en raison de la crise sanitaire. En dépit des quelques "apéros virtuels", les ventes s'étaient, en effet, effondrées au moment du premier confinement.

Les Français avaient eu peur que les magasins ferment et avaient acheté des produits qu'ils considéraient comme essentiels, les alcools ont été délaissés. Puis il y a eu une privation totale des moments de convivialité avec les deux mois de confinement strict [au printemps 2020, ndlr]", explique Emily Mayer, directrice business insight chez Iri.

Une année plus tard, les Français semblent avoir changé d'avis – il faut dire que lors des confinements suivants, d'autant plus celui d'aujourd'hui, les restrictions ont été plus souples, et les occasions de boire de l'alcool plus nombreuses.

Les ventes de "bières de spécialité" – bières d'abbaye type Leffe ou Grimbergen, aussi toutes les blanches, ambrées, brunes et aromatisées – sont en hausse de près de 30% par rapport à mars 2020. Les "bières spéciales blondes" – les bières de plus de 5°, type 1664 ou Heineken – gagnent quasiment 20% par rapport à l'année précédente.

Du côté des champagnes et des spiritueux, les ventes gagnent près de 24% en chiffre d'affaires par rapport à mars 2020. Les vins non-effervescents, eux, grimpent plus tranquillement de 14,1% d'une année à l'autre.

Un effet calendaire

La tendance s'observe depuis le début de l'année. "On voit depuis le début de l'année que les Français ont envie de se faire plaisir avec des achats de produits du quotidien, comme les alcools. C'est aussi un report de la restauration, toujours fermée, vers le domicile, car on ne peut consommer nulle part ailleurs", poursuit Emily Mayer.

Si l'on compare à 2019, une année plus normale en termes de consommation, le résultat est probant: les ventes de bières grimpent de 28,6% en chiffre d'affaires en mars 2021 par rapport à mars 2019, tandis que les champagnes et spiritueux sont en hausse de 14,4%.

Les Français ont-ils eu plus d'occasions à célébrer pendant cette troisième période de restriction que lors du premier confinement? Il faut aussi y voir un effet calendaire: les chiffres de mars 2021 comptent la semaine de Pâques, très propice aux ventes d'alcool, et qui est tombé le 4 avril cette année – en 2020, Pâques était fêté à la mi-avril.

Cela explique que les ventes de champagne explosent le compteur avec +117% de chiffre d'affaires par rapport à mars 2020. D'autant que "Pâques a été très célébré cette année, car les déplacements étaient encore autorisés, et il a fait très beau, ce qui est traditionnellement propice aux ventes d'alcools", précise Emily Mayer.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV